Catégorie : Situations

  • Situation n°4 : « Biture à Bénarès »

    Situation n°4 : « Biture à Bénarès »

    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA
    Musique : Geoffroy, Siegfried G
    Musiciens :
    Geoffroy : sitar
    Siegfried G : épinette, guitare, programmation basse batterie & percussions
    MCP : Mon CUl Prod

    Nous sommes en 2006. Tu publies ta première contribution à une « orgie sonore » de MCP (c’est-à-dire Mon Cul Prod, mais aussi Ma Courge Prolifique, Monstrueux Cerveaux Polymorphes, Mange Ces Pissenlits, Mon Caniche Propre, ou encore Mega Caca Popo…) : « Bollywood Chewing-gum », produit à partir de « Shankar : Biture à Bénarès » de Geoffroy, qui donnera lieu notamment à deux dérivations : 

    — « String Bouddha », par maniaxmemori 

    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA
    Paroles : extraites par Maniaxmemori de “Brooklyn Movements”
    par Da Bush Babees (Jamahl Hana, Acklins Dillon, Harold Lee, Salaam Remi)
    Musique : Geoffroy, Siegfried G, Maniaxmemori, Da Bush Babees (Jamahl Hana, Acklins Dillon, Harold Lee, Salaam Remi)
    Musiciens :
    Geoffroy : sitar
    Siegfried G : épinette, guitare programmation basse batterie percussions
    maniaxmemori : programmation hip hop

    — « Ravi Shankar en Ecosse », par Solcarlus 

    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA
    Musique : Geoffroy, Siegfried G, Solcarlus
    Musiciens :
    Geoffroy : sitar
    Siegfried G : épinette, guitare, programmation basse batterie & percussions
    Solcarlus : piano, programmation cornemuse
    (suite…)
  • Situation n°3 : « Aucune trace »

    Situation n°3 : « Aucune trace »

    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA 
    Paroles et musique : Siegfried G
    Siegfried G : voix, guitare, harmonica, piano, tambourin
    Paroles :
    
    J’ai longtemps aimé
    Regarder les trains bondés passer
    Les trains passer
    J’aurais peut-être dû
    Y monter
    … mais j’n’ai jamais osé
    
    J’ai vu tant de visages
    Des jeunes, des vieux, des pervers, des sages
    Des sages
    J’aurais bien voulu leur parler
    Mais les vitres
    … étaient toujours fermées
    
    Assis sur mon banc
    Je me demandais souvent si les gens
    Les gens
    Savent réellement où ils vont
    Quand ils
    … défilent comme des moutons
    
    Tous ces visages… fugaces
    N’ont laissé… aucune trace
    Ils n’ont fait que passer
    Sans savoir
    … que je les regardais
    
    J’ai fini par monter
    Au hasard dans un de ces trains bondés
    Bondés
    Mais depuis lors je ne fais
    Que regarder
    … les gens sur le quai
    
    Tous ces visages… fugaces
    N’ont laissé… aucune trace
    Ils n’ont fait que passer
    Sans savoir
    … que je les regardais

    Nous sommes en 1995. Ce mitan de décennie est marqué pour toi par la mélancolie. Comme aurait dit Gramsci, « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Tu ne distingues pas encore bien les monstres. Tu redoutes même qu’en guise de monstres il n’y ait que le vide. Mais tu vois tout à fait ce qui, du vieux monde, se meurt, ou est déjà mort :

    (suite…)
  • Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »

    Situation n°2 : « Je re-Mélenchon »

    Morceau diffusé au titre du droit à la parodie
    Extrait de l’album « Place au peuple » (2012) de Psychonada
    Paroles et musique : Philippe Katerine (titre original : « Louxor j’adore »)
    Texte parodique : Siegfried G
    Siegfried G : voix, guitare, batterie
    Paroles :
    
    J'adore
     Regarder voter les gens
     J'y retourne souvent
     Dans les isoloirs
     Regarder voter les gens
     J'adore j'adore j'adore j'adore j'adore
     Les institutrices, puéricultrices, administratrices, dessinatrices, les boulangers, les camionneurs, les policiers, les agriculteurs, les ménagères, les infirmières, les conseillères d'orientation, les chirurgiens, les mécaniciens, les chômeurs…
     J'adore
     Regarder voter les gens
     Et de temps en temps
     Je coupe le chon 
     Et je re-Mélenchon
     Je coupe le chon
     Je re-Mélenchon
     Je recoupe le chon
     Et attention
     Je re-Mélenchon
     J'adore
    
     Les gens arrêtent de déprimer
     Ils recommencent à espérer
     Ils se mettent à manifester
     Et les choses vont enfin bouger
     Alors je leur dis battez-vous
     Rien n'est à eux tout est à nous
     Tout ce qu'ils ont ils l'ont volé
     Nous allons tout récupérer
     J'adore
     Regarder voter les gens
     Ah je trouve ça fascinant
     Dans les isoloirs
     Regarder voter les gens
     Oh
     j'adore j'adore j'adore j'adore j'adore
     Je coupe le chon
     Je re-Mélenchon
     J'adore
     J'adore
     J'adore
     J'adore
     Je coupe le chon

    Nous sommes en 2012. Tu prends ta douche avant d’aller au boulot, en écoutant Patrick Cohen sur France-Inter. Ce n’est pas que tu sois fan de Patrick Cohen, mais tu as gardé l’habitude d’écouter la radio de service public où subsistent encore quelques ilots de pensée critique, et tout bien considéré, la flagornerie de Patrick Cohen envers les puissants et son mépris pour les syndicalistes et les représentants de la gauche radicale éveillent en toi une colère qui te donne un coup de fouet salutaire le matin pour aller au turbin. Mais cette fois, ce n’est pas la colère mais la stupeur que déclenche en toi Patrick Cohen en lançant, rigolard, une séquence sur la campagne présidentielle en cours. Une intro de batterie sonne familièrement à tes oreilles avant qu’un riff de guitare ne confirme que c’est bien ta propre musique que tu entends à la radio. Habitué des audiences très confidentielles du petit monde de la musique libre et des concerts amateurs, tu n’as pas vraiment pour habitude de t’entendre sur une station radio nationale. Ça fait un choc.

    (suite…)
  • Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »

    Situation n°1 : « Du haut de la roche Tarpéienne »

    Morceau diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-SA 
    Extrait de l’album “Particules” (2005)
    Paroles et musique : Siegfried G
    Benoît D : basse
    Sébastien G : guitare
    Stéphane P : guitare
    Nathalie R : choeurs
    Siegfried G : voix, guitare, clavier, programmation, mix
    Paroles : 
    
    Faut-il pour être honnête
    S'envoler par la fenêtre
    Pour s'envoyer en l'air
    Boycotter
    Les escaliers
    Les pieds en bandoulière
    Le pinceau, l'échelle au vestiaire ? 
    
    Braver la gravité
    C'est con mais qui accuser
    Quand la vie quotidienne
    A le défaut D'être au niveau zéro
    Vue du troisième A l'approche de la trentaine
    
    Comme du haut de la roche Tarpéienne
    Comme du haut de la roche Tarpéienne...

    Nous sommes en 2001. Tu es entre deux mondes : celui d’une grosse décennie d’excès, d’autodestruction (créatrice, dirait ce farceur de Schumpeter), de névroses, de chagrins, dont tu peines encore à te dépêtrer ; et celui de la décennie suivante, plus apaisée, plus responsable (il faut dire que ce petit être hurlant qui te prendra le petit doigt pour le téter, avant même de rencontrer le sein de sa mère, te ramènera vite sur terre, mais il te reste encore deux ans pour accomplir cette mue). Ton lieu de vie porte encore les stigmates de la décennie précédente. C’est pas Las Vegas Parano, mais c’est pas loin.

    (suite…)