Critique de “It’s Not Them. It Couldn’t Be Them. It Is Them !”, album de Guided By Voices

Après les avoir découverts grâce à l’émission de Bernard Lenoir sur France Inter (souvenirs souvenirs), j’ai eu la chance de voir deux fois Guided By Voices en concert à Paris, à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Croyez-moi si vous le voulez, mais les deux fois, nous étions à tout casser une trentaine de spectateurs, et la deuxième fois, j’ai reconnu des gens qui y étaient la première. C’est dire si ce groupe n’était pas très connu au pays de Mireille Mathieu et Gérard Lenorman. Et je doute que cela ait vraiment changé depuis.

Pourtant, Guided By Voices est un groupe américain mythique, et sans doute le groupe de rock le plus prolifique qui ait jamais existé : sorti en octobre 2021, “It’s Not Them. It Couldn’t Be Them. It Is Them !” est le 34ème album du groupe (depuis 1987, c’est en fait plus d’une centaine d’albums qui ont été réalisés par Robert Pollard, ex-instituteur chanteur et fondateur inamovible du groupe (qui a vu se succéder des dizaines de membres), Pollard n’hésitant pas à publier sous d’autres noms de groupe ou en solo ce que le label qui avait signé Guided By Voices refusait de sortir. Le vieux Bob, qui compose plus vite que son ombre, serait à ce jour l’auteur de plus de mille titres ! Et toujours cette voix capable de dérailler complètement mais aussi de poser doucement la plus parfaite des mélodies.

Dans les premières années, Guided By Voices (GBV pour les fans), tout droit sorti de Dayton, dans l’Ohio, sonnait un peu comme un garage band fauché qui aurait essayé de faire du R.E.M. avec du matériel de contrebande.

Parmi une ribambelle de morceaux mal enregistrés, parfois coupés en plein milieu, et au son souvent approximatif pleins de souffle et de crachouillements (d’où l’étiquette “Lo-fi” qui a été collée au groupe) se cachaient déjà de véritables pépites mélodiques.

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Critique de “Dark Matters”, nouvel album (et ultime ?) des Stranglers

Dave Greenfield est mort, victime de l’épidémie de covid 19, le 3 mai 2020, à l’âge de 71 ans. Claviériste virtuose aux arpèges virevoltants (souvent comparé à Ray Manzarek des Doors, mais sans doute plus inspiré par John Lord de Deep Purple), c’est son style et ses arrangements qui avaient propulsé les Stranglers au-delà du ghetto punk dans les années 70 (pensez-donc : un clavier dans un groupe punk !) jusqu’aux rivages prog, new wave et pop qui avaient vu le groupe s’épanouir dans les années 80.

C’est lui, d’ailleurs, qui avait composé en 1982 la célèbre partie de clavecin qui structure “Golden brown”, fausse valse bancale (des mesures à 4 temps s’intercalant dans la structure ternaire) mais véritable hymne à la défonce, qui fut le morceau des Stranglers au plus fort succès.

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