« Ce qu’il [Emmanuel Macron] fait, c’est un peu le genre de politique de droite que faisaient les socialistes tout en se racontant qu’ils étaient socialistes et qu’ils étaient de gauche et qu’ils faisaient les choses, donc, un peu lentement. Donc il fait un peu plus que les socialistes des politiques de droite, mais je pense que ça lui est permis parce que la réalité du macronisme, pour moi, elle est dans l’électorat. Je ne m’intéresse pas beaucoup aux hommes politiques, je m’intéresse aux électorats. C’est une sorte… pour moi… c’est une sorte de coming out de droite d’un électorat socialiste qui voulait encore se raconter qu’il était de gauche. Et donc il y a une sorte de libération… donc une sorte de dérive à droite… et donc on voit dans les sondages, ça marche pas mal : la fusion des électorats de droite et ex-socialistes qui se sont retrouvés en Macron s’opère bien. (…)
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Catégorie : Citations
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Coming out
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Religion
« La destruction de la religion, comme bonheur illusoire du peuple, est une exigence de son bonheur réel. »
Karl Marx, La Sainte Famille. Critique de la critique critique, 1845
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Colère
« Ceux qui admettent qu’il existe bien une colère de fond, une colère politique et populaire, considèrent qu’elle va dans le mauvais sens, celui du racisme, de l’antisémitisme, de la quête d’un pouvoir fort qui débarrassera le plancher de toute la racaille. On en donne pour preuve le considérable succès des vidéos de Soral et Dieudonné. La bourgeoisie culturelle reproche aux ouvriers de s’être mis à voter FN plutôt que PC, elle trouve que le peuple est décidément bien réactionnaire. En fait de progrès fulgurants du fascisme en France, ce qu’il y a, c’est l’exaspération de gens qui n’en peuvent plus des cadres politiques et idéologiques imposés, qui ruent dans les brancards, qui donnent dans toutes sortes de panneaux en l’absence de mouvements révolutionnaires qu’ils puissent entendre et rejoindre. Or, c’est précisément la bourgeoisie culturelle qui contribue à cette absence, qui travaille d’instinct à la démoralisation politique générale, tantôt par la calomnie, tantôt par le ricanement, souvent par le silence. Dès que la situation sortira de ses gonds, dès que “le mouvement réel qui abolit les conditions existantes” fera son apparition dans les rues, on verra se dissoudre les phénomènes fascistoïdes. Si l’on met à part les néonazis, les irrécupérables aux nuques rasées, croit-on vraiment que les prolétaires, qui votent à l’extrême-droite par haine d’un système qui les ignore, resteront devant leur télé ? Ne viendront-ils pas rejoindre leurs frères de classe ? Faisons-leur confiance. »
Eric Hazan, La dynamique de la révolte,
Sur des insurrections passées et d’autres à venir,
La Fabrique éditions, 2015.
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Action commune
« Ainsi, l’insurrection communaliste du 18 mars 1871 prend ses racines dans le long siège de Paris pendant l’hiver 1870-1871. Les républicains “jacobins”, les Internationaux, les blanquistes — dont le chef vient d’être mis en prison pour sa participation à la journée insurrectionnelle du 31 octobre 1870 —, la petite bourgeoisie révoltée par la trahison du gouvernement de “Défense nationale”, la bohème étudiante et artistique, tous ces individus et ces groupes souvent opposés pendant les dernières années de l’Empire vont conduire ensemble la journée du 18 mars, réussite totale, sans effusion de sang ou presque. C’est que pendant le siège, ils s’étaient trouvés dans les mêmes bataillons, ils avaient fait le coup de feu ensemble, ils s’étaient parlé, ils avaient formé le Comité central de la garde nationale où l’on trouvait aussi bien Varlin, ouvrier relieur, membre de l’Internationale, que Flourens, ex-professeur au collège de France. Encore une fois, c’est de l’action commune qu’émerge la véritable politique et non l’inverse. »
Eric Hazan, La dynamique de la révolte,
Sur des actions passées et d’autres à venir,
La Fabrique éditions, 2015.
