Étiquette : Education nationale

  • Profs prolos

    Profs prolos

    « Personne au sommet de l’État ne semble prendre la mesure de la gravité du mal-être enseignant alors que les démissions effectives dans le premier degré ont été multipliées par 4 en dix ans. Les conditions de travail sont en cause mais le niveau de salaire y est pour beaucoup. En 1980, un professeur certifié débutant gagnait quasiment 2,2 fois le SMIC. Quarante ans plus tard, en 2022, le jeune enseignant touchait 1,14 fois le SMIC, soit 1556 euros nets par mois. Le SMIC est indexé sur l’inflation : il a été en permanence revalorisé depuis les années 1980. Le point d’indice, lui, à partir duquel les salaires des fonctionnaires sont calculés, a été déconnecté de l’inflation en 1983.

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  • La possibilité du fascisme

    Sur le réseau antisocial Facebook, j’ai trouvé ce document publié par un camarade qui s’appuie sur une source gouvernementale :

    No comment.


  • Cocotte-minute

    « Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l’immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille “faisait des enfants”, aujourd’hui, c’est l’enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l’enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de “mauvais parents”…

    Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n’avons qu’à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.

    Cette conjonction entre un phénomène démographique et l’émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d’achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire. (…)

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  • Prof

    Aujourd’hui, j’ai appris que le petit Jim avait foutu une baffe à une surveillante. Par conséquent, il va passer en conseil de discipline…
    Cela me désole d’autant plus que je sentais depuis plusieurs jours qu’il commençait à saturer, que le bruit des autres le gênait, qu’il se mettait à interpréter tout geste comme une agression. J’avais vu les signes, et on m’avait averti qu’il pouvait avoir des accès de violence, mais je ne le connaissais pas encore assez pour anticiper les conséquences, et puis qu’aurais-je pu faire ? Au bahut, on n’a pas de médecin scolaire, pas de psychologue, pas de personnel formé et disponible avec qui ce type d’élève pourrait passer un moment, loin de la pression du groupe (l’unique infirmière est également débordée et pas présente sur tout le temps scolaire). Alors on le garde en classe, Jim, bien qu’il ait besoin de calme et qu’au sein du groupe il y ait quelques hyperactifs avec trouble de déficit de l’attention plutôt remuants, avec qui la cohabitation est difficile.

    Je repense aux cuistres qui crachaient cet été sur Greta Thunberg, ne comprenant pas qu’on puisse accorder le moindre crédit à la parole d’une autiste, poussant même la cuistrerie jusqu’à s’indigner de ne pouvoir la critiquer du fait de son autisme (tout en la traitant en même temps de cyborg). Que diraient-ils de Jim, qui est aussi dyspraxique, dyslexique, dyscalculique (oui, il fait la collec des dys, mon Jim) ? Avec de surcroît son problème d’élocution, son autisme à lui passerait moins la rampe que l’Asperger de Greta. Cela n’empêche que l’autre jour, Jim m’a expliqué du haut de ses 14 ans à quel point il était opposé à toute fusion des Hauts-de-Seine avec les Yvelines, ainsi qu’à la réduction du nombre de parlementaires voulue par Macron. Et puis, avec son conseil de discipline, il risque de faire bientôt malgré lui comme Greta avec sa grève de l’école. Encore que l’Education nationale trouvera bien à le recaser quelque part, dans un bahut aux classes surchargées, sans médecin scolaire…



    Je repense à la panique de Jim à chaque fois qu’il y a un léger changement dans son emploi du temps. Alors changer de bahut en cours d’année…

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  • Erratum

    Dans notre dernier billet, nous citions Laurent Tarillon pour montrer que les profs n’étaient payés que sur 10 mois. Or, notre commissaire du peuple chargé de l’épuration interne nous signale qu’il s’agirait d’une erreur, reconnue par l’auteur lui-même. Si l’on en croit par exemple David Sarrado :

    1) Le salaire des enseignants est bien calculé sur 12 mois (et non, comme stipulé, sur 10 mois ramenés à 12)

    2) Le temps de préparation des cours est estimé à 2 heures pour 1 heure (et non à 1h30 pour 1 heure)

    Donc, par rapport à ce que nous affirmions, les enseignants sont payés plus… mais pour travailler plus (ce qui ne modifie en rien notre analyse du néo-management national-sarkozyste appliqué à l’ex-Education nationale).

    Le camarade coupable de ne pas avoir suffisamment vérifié ses sources sera de corvée de pluches et balaiera le kolkhoze.


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