Réac-publicains

« Le glissement a commencé dans les années 1980, quand un honorable aéropage autoritaire a brandi l’étendard républicain pour monter au front contre deux sabotages internes de l’école : le voile, les pédagogues — nous y revoilà.

Serviteur le plus zélé de la cause, Onfray rappelle le péché originel des pédagogues : d’avoir détruit les fondamentaux de l’école de la République, à savoir : le prof sait, l’élève ignore ; le prof parle, l’élève écoute ; le prof dispense son savoir, l’élève l’avale et le recrache en contrôle. L’élève a deux compétences : s’asseoir et se taire. Un bon élève est un élève qui ferme sa gueule — il l’ouvrira quand il sera prof, s’il n’a pas pu mieux. En attendant, c’est à lui d’en chier, comme au service militaire qui avait du bon, qui soudait la nation. Faire ses classes, être en classe. On n’apprend pas sans douleur, qu’est-ce que tu crois ! éructe le vieux grognard. Moi ma mère si ça rentrait pas elle me foutait une torgnole, eh bien je peux te dire que la tirade de Cyrano à la fin je la connaissais par coeur. Et je la connais encore. C’est un roc c’est un pic c’est un cap que dis-je c’est un cap c’est une péninsule. Et maintenant ils viennent nous casser les couilles à interdire la fessée non mais franchement. On n’est pas en Suède. La preuve on est en France.

Circularité toujours : la langue autoritaire porte, produit, exprime, redouble une pensée autoritaire dont l’opération paradigmatique est comme de juste un rappel à l’autorité. La langue autoritaire soutient et se soutient d’une pensée autoritaire qui veut des maîtres. »

François Bégaudeau, Notre joie, Pauvert 2021, p.71

Onfray mieux de zemmouvoir

Après être rentré des courses au supermarché du coin où j’ai vu en tête de gondole trois nouveaux livres de Michel Onfray, décidément stakhanoviste de la philosophie de marché, j’ai retrouvé sur les réseaux antisociaux le même Onfray, relayé via le journal d’extrême-droite Valeurs (sic) Actuelles (sic) titrant : « Michel Onfray dénonce “un délit de sale gueule sur Zemmour” ». Et l’hebdomadaire favori de la bourgeoisie raciste réactionnaire de citer le pédant histrion :

« Pour Michel Onfray, “soit, effectivement, on n’a pas le droit de tenir ce genre de propos et alors il faut élargir à tous les autres propos qui font l’éloge des tyrans, des dictateurs, des salauds etc… Soit on estime que ça fait partie du débat et qu’on ne combat pas un intellectuel en l’envoyant devant les tribunaux ou en prison, mais qu’on le combat avec des idées et des arguments et que c’est simplement le débat démocratique”. »

Le pesant sophisme que voilà ! Si on n’a pas le droit de tenir le genre de propos qu’a tenus Zemmour lors de la « Convention de la droite », c’est parce que leur contenu violemment raciste et islamophobe peut être qualifié d’injures publiques et de provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence, délits punis par la loi. Ce n’est pas tout à fait la même chose que « l’éloge des tyrans, des dictateurs, des salauds etc. » Par ailleurs, si Zemmour a commis ces délits (rappelons que la justice l’a déjà condamné pour des propos similaires), on voit mal en quoi un brevet d' »intellectuel » (sic) décerné par Michel Onfray devrait lui conférer une immunité refusée au businessman nazi demi-mondain Soral qui, tout autant que Zemmour ou Onfray, pisse de la copie et se prend pour un penseur. On objectera aussi que faire appliquer la loi lorsque Zemmour commet un délit n’empêche pas de combattre ses idées abjectes par des arguments, ce que fait par exemple brillamment l’historien Gérard Noiriel.

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Sauts d’obstacles médiatiques par Jean-Luc Mélenchon

Dans la veine de Pierre Carles, un édifiant montage vidéo de curcumabio :


Edifiant aussi, ce montage de VilnusAtyx sur les erreurs (bêtes ou méchantes ?) de Michel Onfray :

Et du même VilnusAtyx, le gros mensonge de Patrick Chêne :

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