« D’innombrables personnes de gauche exercent une domination et abusent de leurs pouvoirs, que ce soit dans les partis, dans les associations, dans les coopératives. Avoir des idées révolutionnaires n’est en aucun cas une garantie d’un comportement respectueux des autres et donc de leur liberté individuelle. »
Guillaume Etiévant, Autogestion générale, Les Liens qui libèrent, 2026, p.32
Exégèse
Les organisations de gauche porteuses d’idéaux démocratiques ont trop souvent tendance à s’asseoir dans la pratique sur ces idéaux, pour toujours d’excellentes raisons au demeurant :
- ce n’est pas le moment, on verra plus tard (après la Révolution, après telle ou telle élection, ou simplement après l’orage) ;
- priorité à l’action, tu nous emmerdes avec tes scrupules ;
- on ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs ;
- la démocratie, c’est un truc de bourgeois ;
- regarde la démocratie interne au PS ou même au NPA, ça fait pas envie, hein ;
- l’important, c’est le programme ;
- notre chef, c’est le meilleur, il voit loin, les autres sont des ambitieux carriéristes alors que lui, il se dévoue depuis 50 ans ;
- avec tes grands principes, tu fais le jeu de l’ennemi ;
- on se bat pour la démocratie, donc si tu dis qu’on n’est pas assez démocratique, tu n’es pas démocrate ;
- tais-toi social-traître ;
- purgez-moi ça.
De bonnes raisons de justifier les abus de pouvoir et de désigner comme ennemis celleux qui les critiquent, on peut toujours s’en trouver facilement. Mais au final, on salit toujours la cause que l’on prétend servir. Je l’ai vécu personnellement dans un mouvement politique et une coopérative, et j’en ai trié la conviction que la fin ne justifie jamais les moyens.


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