« On voit donc ici trois options, une sociale-démocrate, une communiste révolutionnaire et une préfiguratrice de l’anarcho-syndicalisme, qui dessinent trois manières de représenter la classe ouvrière dans son unité. Toutes sont liées à un aspect de l’expérience ouvrière mais aucune ne peut prétendre à l’hégémonie. L’histoire postérieure du mouvement ouvrier les verra proposer des manières souvent concurrentes, parfois complémentaires, comme lors de la Commune de Paris de 1871, de réaliser l’union ouvrière. Si elles ont toutes contribué aux victoires ouvrières des décennies qui ont suivi la révolution de 1848, leur potentiel révolutionnaire peut sembler aujourd’hui en partie épuisé. Mais elles sont porteuses de leçons qu’il est possible aujourd’hui de reprendre.
La première de ces leçons est que la construction de l’unité ouvrière, loin d’être le résultat mécanique de l’industrialisation, se trouve à l’intersection de processus économiques, techniques, politiques, intellectuels interconnectés, dans lesquels les ouvriers et les ouvrières tiennent une place centrale, mais ne sont pas les seules forces présentes. Le mouvement ouvrier français est un creuset où la conscience de classe naissante se nourrit des discours et des pratiques des républicains, des socialistes, et même des interactions avec la bourgeoisie libérale.
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Hégémonie

