#balancetonbrighelli

Une camarade m’a fait parvenir récemment un article de la revue Causeur (qui ne fait pas partie habituellement de mes lectures), me le présentant comme « intéressant » et me demandant mon avis dessus.

« Intéressant », cet article l’est effectivement à plus d’un titre, par le côté abjectement réactionnaire et phallocrate de la Weltanschauung qu’il véhicule.

L’auteur en est Jean-Paul Brighelli, « enseignant et essayiste » pour le moins sulfureux que mon collègue Grégory Chamblat présente comme un « réac-publicain anti-pédago ». Selon B. Girard :

« La prise de parole de Brighelli à un meeting du FN, son implication décomplexée à la campagne électorale de l’extrême-droite (voir ses fonctions nationales dans le parti de Dupont-Aignant) ne sont pas un accident, pas davantage une nouvelle manifestation d’un carriérisme débridé, de longue date attesté. Cela fait tellement longtemps que Brighelli occupe le devant de la scène médiatique avec les mêmes rengaines reprises par des médias et des éditeurs chez lesquels il a manifestement toutes ses entrées. Au-delà de l’expression d’un ego personnel manifestement surdimensionné, ce que révèle cet épisode, c’est la porosité des frontières entre une certaine mouvance « réac-publicaine » dont Brighelli est un représentant notoire et le projet politique autoritaire/identitaire d’un parti d’extrême-droite. »

Bref, je ne m’attendais pas à trouver dans cet article un contenu progressiste… et je n’ai pas été déçu ! Continuer la lecture de « #balancetonbrighelli »

Modeste contribution à la boîte à idées de la FI à propos de l’organisation du mouvement

Pour être crédible, la France Insoumise doit s’appliquer à elle-même son propre programme. On ne peut convaincre le peuple de la nécessité d’une 6e République démocratique si on ne fonctionne pas de façon démocratique. Le peuple a trop longtemps été trompé par des partis dont les actes trahissaient toujours les paroles. Nous avons un devoir d’exemplarité.

La direction du mouvement doit donc être élue. La direction actuelle s’est instituée elle-même, ce qui était compréhensible dans le cadre d’une campagne électorale, avec un mouvement constitué ex-nihilo pour soutenir un candidat dans dans le cadre d’un scrutin uninominal très personnalisé. Mais nous passons à une autre séquence. Il faut donc une direction élue, de préférence paritaire, avec un mandat limité dans le temps. Continuer la lecture de « Modeste contribution à la boîte à idées de la FI à propos de l’organisation du mouvement »

Droit de réponse à Philippe Cohen-Grillet, à propos de la considérable affaire Corbière

Je ne connais pas personnellement Alexis Corbière.
J’ai été membre de 2012 jusqu’à cette année du même parti que lui, mais en désaccord avec certains aspects de l’organisation de la France Insoumise, comme je l’ai évoqué ici-même, je prends actuellement quelque distance avec ce mouvement. On pourra donc difficilement me reprocher de prendre la défense d’Alexis Corbière par esprit de clocher. Je ne crois pas d’ailleurs qu’il ait vraiment besoin de mes services pour se défendre, mais étant attaché à une certaine forme d’honnêteté intellectuelle, je n’aime pas la mesquinerie crasse. Continuer la lecture de « Droit de réponse à Philippe Cohen-Grillet, à propos de la considérable affaire Corbière »

La France Insoumise à l’épreuve de ses contradictions

Une séquence électorale s’achève, qui m’aura vu initier en février 2016, dans la ville où je réside, un groupe d’appui à la candidature de Jean-Luc Mélenchon (passé en un peu plus d’un an de 6 à 110 membres subdivisés en plusieurs nouveaux groupes d’appui), militer sans réserve pour la campagne de l’élection présidentielle, puis, de façon plus problématique, pour celle des législatives.

Dans ma circonscription, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête de l’élection présidentielle, avec 14219 voix, soit 39,12% des suffrages exprimés. Aux élections législatives, le candidat de la France Insoumise, n’a obtenu que 3756 voix au premier tour, soit 19,35% des suffrages exprimés, loin derrière le candidat de la droite macroniste (qui avait obtenu 5304 voix, soit 27,32% des suffrages exprimés) — et même dans ma commune (un peu plus gentrifiée que l’ensemble de la circonscription) derrière la candidate du PS, une ancienne ministre emblématique de l’oligarchie ordolibérale — mais loin devant le candidat du PCF, du FN ou de la droite UDI-LR. Au second tour, le candidat de la FI a rattrapé son retard en étant élu avec 9196 voix, soit 55,01% des suffrages exprimés face à son adversaire macroniste (7522 voix, soit 44,99% des suffrages exprimés), dans un contexte d’abstention massive (62,18% et 65,91% des inscrits aux 1er et 2nd tours).
Mission quand-même accomplie, donc, pour les militants locaux qui ont contribué dans la foulée de la dynamique nationale à faire de la France Insoumise la première force politique de la circonscription et à porter au parlement un des 17 députés de la France Insoumise.
Pourtant, cette victoire dont je me réjouis ne saurait masquer les problèmes de fond qui se sont posés durant cette campagne et que je voudrais verser au débat (maintenant que cela ne risque plus de nuire à la campagne) dans le but de nourrir la réflexion nécessaire sur le fonctionnement de la France Insoumise.

Continuer la lecture de « La France Insoumise à l’épreuve de ses contradictions »

Poisson d’avril anti-France Insoumise de Dominique Vidal

Le 1er avril 2017, l’ancien rédacteur du Monde Diplo Dominique Vidal, avec qui j’ai déjà eu quelques désaccords (ici ou là), postait sur Facebook un amusant poisson d’avril :

La France Insoumise, affirme-t-il, aurait donc « fait une croix sur l’alliance avec tout ou partie du PS ». Bonne blague car depuis le 17 mars 2017, date du dépôt des candidatures, la France Insoumise et le PS ont officiellement chacun leur candidat à l’élection présidentielle. Qu’on s’en désole, qu’on s’en félicite ou qu’on s’en fiche, il n’est donc plus question d’alliance pour le premier tour de la présidentielle. Juridiquement, un candidat ne peut pas se retirer. A la rigueur, il serait possible pour un candidat désirant ne plus concourir de ne pas faire imprimer ses bulletins de vote. Il ferait alors un score nul et perdrait toute possibilité de remboursement des frais de campagne. Autant dire qu’il signerait le suicide de sa formation politique.
En réclamant encore une alliance devenue impossible, Dominique Vidal est donc dans le déni. Il fallait vraiment qu’il publie ce texte un 1er avril ! Continuer la lecture de « Poisson d’avril anti-France Insoumise de Dominique Vidal »

css.php