Catégorie : Résistance

  • Additionner les électorats

    Additionner les électorats

    Sur le site Hors-Série, le sociologue Manuel Cervera-Marzal publie un article qui donne de l’espoir… et soulève tout de même des interrogations. L’auteur y note que pour la première fois depuis longtemps, les sondages en cette fin d’été 2026 révèlent une augmentation du total des intentions de vote à gauche, dépassant désormais 40%, alors qu’elles peinaient à dépasser les 30% depuis de nombreuses années.

    Mais si le socle de la gauche au sens large s’élargit, le fait-il autant que le socle de l’extrême-droite ?

    Et puis, si l’électorat de Mélenchon et celui de Glucksmann croissent chacun sans qu’il y ait d’effet de vase communicant, ces électorats pourront-ils s’additionner le moment venu ?

    Lors des dernières municipales chez moi, lorsqu’avec une coalition gauche du PS/APRES/PCF/Debout on a proposé une fusion à la FI pour battre au 2ème tour le maire sortant issu de la droite du PS, la FI nous a envoyé balader au motif que « nos électorats ne s’additionnent pas ».

    Après avoir fait capoter la primaire large du Front Populaire 2027, la droite du PS rangée derrière Glucksmann proclame qu’il ne peut y avoir d’union avec LFI.

    Il y a des différences, bien sûr, entre ces deux « gauches », et malgré mes réserves sur Mélenchon, je ne peux me reconnaître dans un Glucksmann. Mais pour battre le fascisme, il faudra bien qu’au 2ème tour au moins, les électeurs de l’un puissent s’additionner à ceux de l’autre, même la mort dans l’âme.

    Sans nier les divergences, il faudrait donc y travailler.

    Cut the crap !


  • Hégémonie

    Hégémonie

    « On voit donc ici trois options, une sociale-démocrate, une communiste révolutionnaire et une préfiguratrice de l’anarcho-syndicalisme, qui dessinent trois manières de représenter la classe ouvrière dans son unité. Toutes sont liées à un aspect de l’expérience ouvrière mais aucune ne peut prétendre à l’hégémonie. L’histoire postérieure du mouvement ouvrier les verra proposer des manières souvent concurrentes, parfois complémentaires, comme lors de la Commune de Paris de 1871, de réaliser l’union ouvrière. Si elles ont toutes contribué aux victoires ouvrières des décennies qui ont suivi la révolution de 1848, leur potentiel révolutionnaire peut sembler aujourd’hui en partie épuisé. Mais elles sont porteuses de leçons qu’il est possible aujourd’hui de reprendre.

    La première de ces leçons est que la construction de l’unité ouvrière, loin d’être le résultat mécanique de l’industrialisation, se trouve à l’intersection de processus économiques, techniques, politiques, intellectuels interconnectés, dans lesquels les ouvriers et les ouvrières tiennent une place centrale, mais ne sont pas les seules forces présentes. Le mouvement ouvrier français est un creuset où la conscience de classe naissante se nourrit des discours et des pratiques des républicains, des socialistes, et même des interactions avec la bourgeoisie libérale.

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  • Prenons Macron au mot : exigeons le respect des urnes !

    Le 10 juillet 2024, le forcené de l’Elysée, refusant de reconnaître la victoire du Nouveau Front Populaire, arrivé en tête des élections législatives anticipées, envoyait une « lettre aux Français » complètement hors-sol, affirmant que « personne ne l’a emporté », qu’ « aucune force politique n’obtient seule une majorité suffisante » et que « les blocs ou coalitions qui ressortent de ces élections sont tous minoritaires ». En réalité, le Nouveau Front Populaire, déjouant les sondages et les sombres calculs du président, est bien arrivé en tête, obtenant le plus grand nombre de député·e·s à l’assemblée nationale, et permettant par un désistement républicain antifasciste (pas toujours réciproque) à la coalition macroniste de finir à la deuxième place devant la coalition fasciste. Rappelons que lorsqu’il y a des triangulaires ou quadrangulaires aux élections législatives dans des circonscriptions, c’est le ou la candidat·e arrivé·e en tête, même sans majorité absolue, même avec une seule voix d’avance, qui est élu·e. A l’issue des élections législatives, il y a 4 blocs : le Nouveau Front Populaire est incontestablement en tête, suivi loin derrière par la coalition macroniste présentée sous l’étiquette frauduleuse « Ensemble« , du bloc fasciste composé du Rassemblement National et de la fraction de LR ralliée au RN (avec Eric Ciotti), et enfin par un plus petit bloc formé du reste de la droite LR et des divers droite (non ralliés au RN ou à Macron). Entre 2022 et 2024, il y avait déjà cette quadri-partition (avec une hiérarchie différente, le bloc macroniste étant devant le bloc de gauche NUPES suivi du bloc fasciste et du bloc de droite LR), et le bloc macroniste n’avait pas de majorité absolue. Cela ne l’avait pas empêché de former un gouvernement. Ce qui change depuis le 7 juillet 2024, c’est que c’est désormais le Nouveau Front Populaire qui est en tête, et c’est donc à lui que devrait être confiée la tâche de former un gouvernement.

    Après sa défaite aux élections législatives, le premier ministre Attal a présenté sa démission. Macron aurait dû l’accepter et le charger d’expédier « les affaires courantes comme le veut la tradition républicaine ». Au lieu de quoi il a décidé de laisser le gouvernement actuel continuer à exercer pleinement ses responsabilités pour une durée indéterminée, ce qui constitue un coup de force institutionnel.

    Cela étant posé, prenons Macron aux mots. Il affirme que « seules les forces républicaines représentent une majorité absolue ». Littéralement, c’est peut-être exact. Vérifions qui ne fait pas partie des « forces républicaines » et qui en fait partie. C’est assez simple, en vérité : le RN, parti fondé par un ancien Waffen SS et des pétainistes et présentant toujours des candidat·e·s violent·e·s, racistes, antisémites, n’en fait évidemment pas partie. Ses alliés, transfuges zemmouristes ou ciottistes non plus. Et si l’on suit la logique de Macron qui vante « le Front républicain » qui a empêché le RN de gagner, les personnalités de droite, LR ou macronistes, qui ont refusé de faire front contre le RN n’en font pas partie non plus. Edouard Philippe, par exemple, en appelant ses sympathisants et les électeurs à ne pas choisir entre des candidats LFI et des candidats RN, a concrètement permis l’élection de député·e·s fascistes. On sait aujourd’hui que Philippe a dîné avec l’héritière Le Pen et Bardella, ceci explique peut-être cela. Selon la députée LFI-NFP Sarah Legrain sur X (ex-Twitter), cette rencontre est même à mettre en lien avec des désistements du RN en faveur de candidats Horizon, le parti de Philippe.

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  • Les chroniques de Le Banni (de Le Média), épisode 10

    Les chroniques de Le Banni (de Le Média), épisode 10
    Résumé de l'épisode précédent : Bénévhôl, le guerrier de Kohop, a été banni de Lmédiâh par la triade Khakobb. 
    Après avoir parcouru steppes arides et marécages boueux pour rassembler réprouvés et Sociôhs épars, il est de retour et trouve les portes du Fhôreuhm étrangement ouvertes. Mais l'endroit n'est plus que ruines sur lesquelles souffle un vent glacial, et de nombreuses voies restent scellées par un mystérieux maléfice et donc inaccessibles et même invisibles tandis que règne un silence de MORT.
    Il est bien toujours LE BANNI.

    Depuis le dernier épisode, il y a eu une petite avancée du côté de la SCIC du Média : à 50 jours de la date de l’Assemblée Générale des sociétaires, qui aura lieu le 28 juin 2024, le Média leur a envoyé un mail les informant de cette AG et de la possibilité de proposer des résolutions qui seront ensuite consultables par les autres sociétaires. Ils ou elles pourront alors signer chaque proposition pour demander leur mise à l’ordre du jour. Cette mesure répond à l’article V-2 du Règlement Intérieur de la SCIC qui précise : « L’ordre du jour est fixé définitivement par le Conseil de surveillance ou le Directoire à J-20.
    En amont, pour permettre aux associé·e·s de proposer des points à l’ordre du jour, les statuts exigent que leur proposition recueille 5% d’avis favorables parmi les associé·e·s pour être prise en compte.
    Une plateforme en ligne doit permettre l’information des sociétaires sur cette procédure, le recueil des propositions ainsi que les votes sur ces propositions entre J-50 et J-25. »

    Page d’accueil pour le dépôt de propositions de résolutions

    Cela fait plus d’un an que nous réclamons l’application de cette disposition et n’obtenons aucune réponse. L’AG 2023 s’est en effet déroulée en infraction à ce règlement : des sociétaires avaient pu envoyer des propositions, mais celles-ci avaient toutes été recalées par le directoire sans que les autres sociétaires aient la possibilité de les consulter et encore moins de les signer, faute de plateforme pour pouvoir le faire. Nos remarques avaient été traitées par le mépris, trouvant pour seule réponse le silence ou une accusation de « dénigrement » voire de « harcèlement » quand nous ne faisions que demander l’application du règlement. Mais nous n’avons rien lâché et avons continué malgré la censure du forum, les bannissements, le mépris, à revendiquer la reconstruction du projet coopératif et le respect des droits des sociétaires, par des alertes publiques sur les réseaux antisociaux ou sur des blogs (faute de pouvoir le faire sur le forum), et des courriers adressés aux instances du Média. Il semblerait que la répercussion de nos revendications au sein du Conseil de surveillance ait fini par obliger le Directoire à respecter enfin le règlement. C’est donc une petite victoire pour nous. Autre petite victoire : cette AG 2024 sera mixte (à la fois ordinaire et extraordinaire). En 2023, le directoire avait prétexté que l’AG était seulement ordinaire (sur sa seule décision et sans avoir consulté personne au préalable) pour recaler des propositions de résolutions qui comportaient des modifications des statuts, et donc nécessitaient une AG extraordinaire. L’AG mixte devrait nous permettre, par exemple, de proposer à nouveau notre résolution portant sur la modification du mode de désignation des candidats au Conseil de Surveillance, sans obstruction, cette fois, espérons-le, de la part du Directoire.

    Du côté du forum du Média, en revanche, c’est toujours le verrouillage le plus complet. L’administrateur ne répond aux propositions constructives pour lui redonner vie que par le silence (le plus souvent) ou un mépris cinglant (toute critique, tout questionnement et toute proposition étant perçues comme du « dénigrement » et une marque de « méconnaissance »). Tout est désormais « acté » d’en haut, circulez y a rien à voir et adieu l’esprit coopératif. Même des questions de socios sur des partenariats ou des montages qui interrogent légitimement, comme celui qui préside au tournage et à la diffusion de l’émission « Décrypter l’Afrique », restent sans aucune réponse.

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  • Les chroniques de Le Banni (de Le Média), épisode 9

    Résumé de l'épisode précédent : Bénévhôl, le guerrier de Kohop, a été banni de Lmédiâh par la triade Khakobb. 
    Après avoir parcouru steppes arides et marécages boueux pour rassembler réprouvés et Sociôhs épars, il est de retour et trouve les portes du Fhôreuhm étrangement ouvertes. Mais l'endroit n'est plus que ruines sur lesquelles souffle un vent glacial, et de nombreuses voies restent scellées par un mystérieux maléfice et donc inaccessibles et même invisibles. 
    Il est bien toujours LE BANNI. 

    Nous n’avons pas peur des ruines

    Je plagie ici le titre du dernier film du camarade anarchiste Yannis Youlountas, qui l’a lui-même emprunté à une célèbre phrase de Buenaventura Durruti en 1936. Le combattant espagnol ajoutait : « nous sommes capables de bâtir aussi… la bourgeoisie peut bien faire sauter et démolir son monde à elle avant de quitter la scène de l’Histoire, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs. »

    Panneau du film
    capture d’écran de la bande annonce du film de Yannis Youlountas

    J’en tire une leçon éthique et politique : nous ne cherchons pas du tout à détruire, et nous ne sommes assurément pas les « malveillants » qu’on nous accuse d’être, mais nous ne nous laisserons pas abattre par la peur des destructions commises par ceux qui se sont enivrés de leur petit pouvoir (Durruti parlait de la bourgeoisie, mais c’est valable aussi pour toute bureaucratie qui s’accapare un projet émancipateur), et s’il le faut, nous saurons reconstruire.

    Plus d’un mois a passé depuis la réouverture du forum du Média, ou plutôt du « faux-rum » comme l’a rebaptisé un camarade, ou encore du « forum Potemkine » , qui ressemble désormais plus à la place centrale de Pyong Yang qu’à l’espace de discussion des socios que nous avions connu.

    La dictature, c’est « ferme ta gueule ! », la démocratie c’est « cause toujours ! » dit l’adage. A ce titre, oui, le nouveau forum du Média est bien un outil « démocratique » : on peut certes y poser des questions à l’administrateur-directeur (du moins si on en n’est pas banni abusivement, comme c’est toujours le cas pour plusieurs sociétaires)… mais celui-ci répond à côté de la plaque, noyant le poisson dans des détails techniques sans intérêt, ou, le plus souvent, ne répond pas du tout. Je lui ai également envoyé plusieurs messages pour réclamer ma réintégration sur les supports d’où je suis toujours banni arbitrairement et sans raison, mais je n’ai obtenu aucune réponse à ce jour (je reviendrai dans un autre épisode sur les arguments qui ont fini par être envoyés aux camarades toujours banni·e·s du forum : ils sont LUNAIRES).

    Sur le terrain du bénévolat, le Média est toujours également un champ de ruines, et là aussi, seul un silence méprisant répond aux propositions faites sur le forum pour relancer la dynamique des Volontaires. J’ai donc décidé de m’adresser au Conseil de surveillance, dont je rappelle que c’est lui qui a nommé les membres du Directoire du Média, et qu’il a aussi le pouvoir de contrôler leur action et même de les révoquer.

    (suite…)

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