Crise, doléances, et révolution

Dans L’argent sans foi ni loi, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot montrent à quel point le règne de l’oligarchie financière est contraire à l’idéal républicain. Les deux sociologues y citent « ce que nous disait en 1802 le troisième président des Etats-Unis, Thomas Jefferson, que l’on ne peut pas considérer comme ayant été un dangereux révolutionnaire » :

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent sa monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où les enfants se réveilleront sans maison et sans toit sur la terre que leurs parents ont conquise. »

Transposé au monde — et à la France — des années 1970 à nos jours, ce constat est troublant. Il dépeint assez bien le coup d’Etat financier qui s’est opéré à la faveur de la crise des années 1970 et de la dérégulation qui l’a suivie jusqu’à l’asservissement actuel des Etats aux politiques austéritaires qui ruinent les peuples. Ce coup d’Etat s’est opéré discrètement et progressivement. Mais à mesure qu’une caste accapare les richesses de façon de plus en plus ostensible au mépris de l’intérêt général, les citoyens peu à peu dépouillés de leurs droits économiques et sociaux commencent à mieux comprendre ce qui se joue.

Profitons-en pour oser un autre parallèle historique.

« Je lis attentivement les cahiers que dressèrent les trois ordres avant de se réunir en 1789 ; je dis les trois ordres, ceux de la noblesse et du clergé, aussi bien que celui du tiers. Je vois qu’ici on demande le changement d’une loi, là d’un usage, et j’en tiens note. Je continue ainsi jusqu’au bout de cet immense travail, et, quand je viens à réunir ensemble tous ces voeux particuliers, je m’aperçois avec une sorte de terreur que ce qu’on réclame est l’abolition simultanée et systématique de toutes les lois et de tous les usages ayant cours dans le pays ; je vois sur le champ qu’il va s’agir d’une des plus vastes et des plus dangereuses révolutions qui aient jamais paru dans le monde. »

Ce constat effrayé d’Alexis de Tocqueville est cité avec malice par Eric Hazan dans Une histoire de la Révolution française. Il montre à quel point la société française de 1788-1789 était mûre pour la grande Révolution. Et aujourd’hui, où en est-on ? Crise économique, incapacité du pouvoir à sortir de la spirale de la dette faute d’être capable de faire obstacle à la rapacité de l’oligarchie, ressentiment du peuple : les similitudes sont frappantes, et remarquées d’ailleurs avec effroi par ceux-là mêmes qui ont de trop voyants privilèges à défendre. Ainsi, en 2012, le peuple accablé par l’austérité put entendre l’actrice Catherine Deneuve rétorquer à son collègue Torreton, qui critiquait le cynisme fiscal de son autre collègue Depardieu : « Qu’auriez-vous fait en 1789 ? Mon corps en tremble encore ! » Ce fut aussi pour la patronne du Medef l’occasion de renchérir en affirmant : « On est en train de recréer un climat de guerre civile, qui s’apparente à 1789 » (la même Laurence Parisot avait d’ailleurs déjà vu en Mélenchon « l’héritier d’une forme de terreur » lors de la campagne présidentielle). Ce fut ensuite Alain Afflelou qui sentit lui aussi le souffle de la guillotine contre sa nuque de riche marchand de binocles : « fiscalité injuste et confiscatoire (…) On est en train de faire une guerre de tranchées, de revenir en 1789 : il faut arrêter de dire que les chefs d’entreprises sont des voleurs, des voyous, des gens malhonnêtes. »

Le peuple n’a même pas encore sorti les piques contre les vils accapareurs que la classe ultra-privilégiée commence à trembler. C’est une bonne nouvelle, car jusqu’à présent, la peur était l’apanage des gueux craignant pour leur emploi. Mais le carcan qui enserrait les consciences des dominés commence à craquer, et ceux qui ont beaucoup à perdre le sentent, apparemment.

Un autre livre paru fin 2012 ne saurait les rassurer. Laurent Maffeïs et Alexis Corbière clament en effet « Robespierre, reviens ! » dans un ouvrage qui remet en cause l’opprobre jetée sur l’Incorruptible depuis la réaction thermidorienne. En nous rappelant le rôle de Robespierre dans la création de la République et dans l’émergence de la question sociale, ces deux camarades (du PG) montrent a contrario à quel point la contre-révolution a fini par triompher insidieusement. Il est temps de réhabiliter — et par conséquent de réactiver — le processus révolutionnaire qui donne toujours des sueurs froides à l’aristocratie d’aujourd’hui (la prolifération de véritables dynasties dans les grandes entreprises voire dans le show business vient confirmer ce que Bourdieu avait déjà montré avec La noblesse d’Etat : une nouvelle aristocratie exerce bel et bien de plus en plus visiblement sa domination sur une République vidée de son contenu révolutionnaire).

L’année 2013 et celles qui suivront auront-elles un parfum de 1789 voire 1792 ? Une chose est sûre : le peuple qui souffre sous le règne de l’argent fou a nombre de doléances. Il lui reste à les écrire et à en tirer les bonnes conclusions. Les assemblées citoyennes du Front de Gauche pourraient y contribuer. Camarades, ce n’est donc pas le moment de glander, et encore moins de désespérer.

Bibliographie :

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, L’argent sans foi ni loi, Textuel, 2012
Eric Hazan, Une histoire de la révolution française, La Fabrique, 2012
Alexis Corbière et Laurent Maffeïs, Robespierre, reviens !, éd. Bruno Leprince, 2012
Pierre Bourdieu, La noblesse d’Etat, Les éditions de minuit, 1989
Alexis de Tocqueville, L’Ancien Régime et la Révolution, 1856

Quand le capitalisme encourage le célibat

Le 11 août 2012, Ewan Morrison publiait sur le site du Guardian un article titré : « What I’m thinking about … why capitalism wants us to stay single« . Pourquoi le capitalisme veut-il que nous restions célibataires ? « Maintenant que le marché tire profit du pouvoir d’achat des célibataires, le choix radical est de se marier », ajoute Morrison en sous-titre. Nous proposons ci-dessous au lecteur francophone une traduction artisanale et bénévole de cet intéressant article.

Nous nous plaisons à penser que nous sommes libres au sein du libre marché ; que nous nous situons au-delà des forces de la publicité et de la manipulation sociale par les forces du marché. Mais il y a une nouvelle tendance sociale – l’avènement du « célibataire » en tant que consommateur modèle – qui soulève un paradoxe. Ce que nous avons jadis considéré comme radical – rester célibataire – peut maintenant être réactionnaire.

La relation à long terme, comme l’emploi à vie, est en voie rapide de dérégulation vers le court terme, les arrangements temporaires sans promesse d’engagement, ce dont le sociologue Zygmunt Bauman nous avertit depuis plus d’une décennie. C’est difficile pour deux personnes de rester ensemble tout en étant travailleurs indépendants, sans garantie d’avenir stable. Le capitalisme veut maintenant que nous restions célibataires.

Depuis les années 60, être célibataire a été considéré comme un choix radical, une forme de rébellion contre le conformisme bourgeois capitaliste. Comme le dit le sociologue Jean-Claude Kaufmann, l’abandon de la vie de famille pour le mode de vie en solo au XXe siècle était constitutif de « l’élan irrésistible de l’individualisme ». Mais cette liberté semble bien moins séduisante lorsqu’on l’observe sous l’angle de changements planifiés dans le consumérisme.

Convaincre la population de rester célibataire prend maintenant une signification économique. Selon une étude de Jianguo Liu de l’Université d’Etat du Michigan, les célibataires ont une consommation par tête qui dépasse celle des ménages de 4 personnes à hauteur de 38% pour les produits alimentaires, 42% pour les produits conditionnés, 55% pour l’électricité et 61% pour le gaz. Aux Etats-Unis, les célibataires dans la tranche des 25-34 ans et n’ayant jamais été mariés dépassent maintenant en nombre de 46% les personnes mariées, selon le Bureau du Recensement de la Population. Et le divorce représente un marché en pleine croissance : une famille qui subit une séparation, cela signifie que deux ménages doivent acheter deux voitures, deux machines à laver, deux télévisions. L’époque de la famille nucléaire comme unité de consommation idéale est révolue.

Alors que le capitalisme sombre dans la stagnation, les entreprises ont compris qu’elles pouvaient trouver deux nouveaux facteurs de croissance – d’une part en faisant émerger le marché des célibataires, et d’autre part en favorisant le divorce et le concept de liberté individuelle. En témoignent des changements dans les publicités, avec des produits aussi divers que les hamburgers et les vacances dont les célibataires deviennent la cible – en particulier les femmes célibataires. De nouvelles pubs pour Honda et Citibank mettent en avant la découverte solitaire de soi et le report de la relation plutôt que la vie de couple.

Comme le dit Catherine Jarvie, les « relations superficielles » dans lesquelles « aucune des deux parties ne cherche un engagement à long-terme » sont la nouvelle voie – en témoigne l’ascension fulgurante du site de rencontre Match.com. Aux Etats-Unis, des annonces sur le site Craiglist révèlent la connexion subconsciente entre le fait de consommer du jetable et celui de se vendre soi-même : on peut y lire « Achetez mon canapé IKEA et baisez-moi dessus d’abord, pour 100$ ».

Cette assimilation entre soi-même et le produit vient à point nommé, précisément parce que les cycles de l’obsolescence programmée et perçue dans le cadre de la consommation de produits n’assurent plus la croissance capitaliste. Dans une période de saturation du marché, alors que nous avons déjà consommé tout ce que nous pouvons, nous sommes encouragés à nous réifier en tant qu’objets «sur le marché», consommant autrui. Exercices sur le caractère jetable de l’homme.

Le consumérisme veut maintenant qu’on soit célibataire, donc il vend cette idée comme sexy. L’ironie est qu’il est maintenant plus radical de tenter d’être dans une relation à long-terme et d’avoir un travail à long-terme, de faire des projets d’avenir, peut-être même d’essayer d’avoir des enfants, plutôt que de rester célibataire. La vie de couple et des liens à long terme avec autrui dans une communauté semblent aujourd’hui la seule alternative radicale aux forces qui nous réduisent à l’état de nomades isolés, aliénés, cherchant de plus en plus de temporaires connexions «miracles» avec des corps qui portent en eux leur propre obsolescence intégrée et perçue.
La solution : Soyez radicaux, maquez vous, exigez de l’engagement de la part de vos partenaires et de vos employeurs. Dites non aux séductions du marché des célibataires jetables.

La démocratie n’est pas compatible avec l’économie de marché

Lu dans Circus politicus de Christophe Deloire et Christophe Dubois (aux éditions Albin Michel, 2012) :

« Le 8 juillet 2011, Suzanne Berger, professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) […] prend la parole en revenant sur le débat très ancien libéralisme-démocratie. Elle va tenir des propos éclairants :

Les fondateurs de la République américaine étaient profondément préoccupés de la question de savoir s’il était possible d’avoir en même temps un gouvernement démocratique et un système économique fondé sur la propriété individuelle. Comme James Madison l’expliquait, le plus grand danger pour une démocratie est que les citoyens s’organisent, se mobilisent, “s’instituent en factions” pour promouvoir la demande majoritaire de redistribution par rapport au droit à la propriété¹.

Suzanne Berger n’invente rien. James Madison, dont elle a prononcé le nom, n’est pas n’importe qui. Coauteur de la Constitution américaine, il fut le quatrième président des Etats-Unis. Pour Madison, “le gouvernement représentatif n’était pas une modalité de la démocratie, c’était une forme de gouvernement essentiellement différente et, de surcroît, préférable”. Il considérait que démocratie et économie de marché n’allaient pas de pair. “Les démocraties, écrivait-il, ont toujours été des spectacles de turbulences et de contestations […] incompatibles avec la sécurité personnelle et le droit à la propriété².” »

CQFD. La démocratie réelle reste à conquérir contre l’oligarchie qui se cache (de moins en moins) derrière une démocratie formelle. Cut the crap et place au peuple !

1. Suzanne Berger, Liberalism vs democracy, a turning point, intervention aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence, juillet 2011.
2. Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy, 1995.

Prédiction pour 2012 (sans astrologie ni boule de cristal)

Dans le n°5 (janvier 2012) de Siné Mensuel, le sociologue Laurent Mucchielli rappelle qu’en 2002, un fait divers (l’affaire du papy Voise) avait occupé l’actualité trois jours avant le deuxième tour de l’élection présidentielle.

« L’affaire du papy d’Orléans est emblématique. Des gens auraient voulu racketter ce vieux monsieur qui vivait dans une cabane en bois au fond d’un jardin alors qu’il n’avait pas un radis. Bizarrement, ils ne l’ont frappé qu’au visage et quand il a été hospitalisé, les médecins ont interdit l’entrée à la presse. Mais une équipe de TF1 a réussi à entrer et filmer la victime sur son lit d’hôpital. Le journaliste Anthony Gautier a montré que c’était un coup monté. L’ancien patron de TF1 a reconnu que les politiques avaient instrumentalisé l’affaire avec la complicité de certains médias. Comme nous vivons dans un monde qui n’a pas de mémoire, une actualité chasse l’autre au bout de 48 heures. »

Dans Après la démocratie*, Emmanuel Todd revient, lui, sur un autre événement survenu juste avant l’élection présidentielle de 2007, alors que Sarkozy était encore au coude à coude dans les sondages avec Ségolène Royal :

« (…) le 26 mars, Nicolas Sarkozy quittait le ministère de l’Intérieur. Le lendemain, à la gare du Nord, des affrontements spectaculaires opposaient bandes de casseurs et forces de police. Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, le sondage TNS Sofres dit de ‘sortie des urnes’ indiquait que ce qui avait le plus influencé le vote des électeurs de Sarkozy était, mentionné par 43% d’entre eux, le choc de la gare du Nord.

L’enchaînement des faits, leur importance obligent à s’interroger (ce que la presse n’a pas fait) sur la spontanéité de ces affrontements. L’agent provocateur, après tout, est une figure familière dans l’Histoire. (…) Jamais Nicolas Sarkozy n’aurait atteint 31% des suffrages au premier tour sans le climat de fièvre qu’engendra cet événement, pas seulement en lui-même mais aussi et surtout parce qu’il rappelait la grande flambée des banlieues survenue dix-sept mois auparavant. »

En janvier 2012, le petit président de l’ex-République, dont nul ne doute qu’il sera candidat à sa propre succession, est distancé dans les sondages par son rival social-libéral (François Hollande). La crise économique, la perte du triple A, la récession replongent le pays dans une lutte des classes que le sinistre Guéant était chargé de faire oublier au profit de la lutte des races en menant une politique répressive xénophobe. D’ici l’élection présidentielle d’avril-mai 2012, on peut donc s’attendre à coup sûr à ce que TF1, ou quelque autre média national-sarkozyste, s’efforce de créer dans l’opinion, grâce à un fait divers opportun, le réflexe de peur qui permettra à Sarkozy de reconquérir son électorat.

Nul ne peut prédire cependant si, en pleine « saison des tempêtes », un tel subterfuge suffira à faire diversion. Espérons que non.

Bonne année 2012.

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* Emmanuel Todd, Après la démocratie, Gallimard, 2008.

Fontenelle, bordel de dieu, tu chies dans la colle !

Sébastien Fontenelle, déjà signataire aux côtés de l’association « Participation et Spiritualité musulmanes » (sic) d’une incroyable pétition anti-Charlie Hebdo (que nous avions évoquée dans notre billet du 8 novembre 2011), a récidivé le 10 novembre sur son blog. La mosquée de Montbéliard ayant été incendiée, et le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, ne s’y étant « pas encore » rendu, alors qu’il s’était empressé d’aller serrer la main de Charb au lendemain de l’incendie de Charlie Hebdo, Fontenelle ironise :

« À l’heure où j’écris ces lignes : Nicolas Demorand n’a pas (encore) proposé aux musulman(e)s qui fréquentent cette mosquée (et qui sont pour l’instant un peu seul(e)s à déplorer son incendie) de les accueillir à Libération, nattendant [sic] qu’ils trouvent un endroit sûr (et que Claude Guéant leur délègue une protection). »

Notons qu’il est peut-être dommage que des actes comme l’incendie criminel d’un journal ou d’une mosquée aient besoin d’être publiquement condamnés, comme s’il n’était pas évident que de tels actes sont condamnables, comme si chacun avait à prouver par une condamnation spectaculaire son attachement réel à la laïcité ou à la liberté d’expression. Ce sont décidément les fous qui gouvernent l’asile, de nos jours. Car on peut reprocher bien des choses à Charb, et peut-être davantage encore à Demorand, mais pourquoi diable l’ex-Libé qui dépanne provisoirement un autre journal privé de bureau et d’ordinateurs se transformerait-il soudain, même par solidarité, en lieu de culte ? C’est complètement con. Ou alors, qu’attend Politis, qui emploie ce brave Fontenelle, pour ériger une chaire d’imam en ses locaux ?

Quant à Guéant, dont chacun connaît la tendance à la stigmatisation des immigrés dans le but de séduire les électeurs du FN, on peut évidemment le soupçonner d’avoir intérêt à s’occuper publiquement d’un incendie dont des islamistes pourraient être responsables mais beaucoup moins d’un autre sinistre dont les victimes sont musulmanes. Mais en quoi Charb, et les autres journalistes de Charlie Hebdo, devraient-ils être tenus pour responsables des agissements de Guéant ?

Charlie Hebdo s’est permis une satire de la charia qui est tout à fait dans la tradition anticléricale du journal. L’indéniable discrimination dont sont victimes en France les Musulmans et surtout les populations d’origine immigrée (quelle que soit leur religion) doit-elle être compensée par une autocensure qui interdirait à un journal qui a toujours chié sur toutes les religions de se moquer de l’Islam et surtout du fondamentalisme musulman ? Notons d’ailleurs que Charlie Hebdo n’a jamais appelé à moquer les mosquées ni à les incendier, et a condamné immédiatement l’incendie de la mosquée de Montbéliard (comme quoi les Musulmans n’ont pas été « les seuls à déplorer cet incendie ») :

« Suite à l’incendie de la mosquée de Montbéliard, et quelque [sic] soient les motivations des agresseurs, nous rappelons, au nom de la laïcité, qu’il est inacceptable d’attaquer des lieux de culte et de nuire à la liberté des croyants de pratiquer leur religion dans le respect des règles de la République. »

Mais cela ne sera sans doute pas suffisant pour Sébastien Fontenelle, qui a décidé que « Philippe » Charb, qui n’a pourtant pas encore accepté d’être nommé quelque part par Sarkozy, ne valait pas mieux que son prédécesseur le sinistre Philippe Val. Maintenant qu’il a signé une pétition dans laquelle la « liberté » des femmes musulmanes de « s’habiller comme bon leur semble » (donc de porter le « foulard » imposé par la domination masculine), est considérée comme plus urgente à protéger contre « un État national-laïque » (sic) que la liberté de se moquer des religions, on peut se demander si Sébatien Fontenelle n’a pas lâché la rambarde. On peut même craindre désormais de retrouver son nom aux côtés de celui du Mollah Omar ou de Mahmoud Ahmadinejad au bas de toute pétition malhonnête qui viserait à présenter Charlie Hebdo comme journal raciste et islamophobe vendu à BHL, Guéant et Lepen. Cut the crap !

Camarade Fontenelle, j’ai beau me sentir plus proche de CQFD et Politis (journaux où tu as tes entrées) que de Charlie Hebdo, là, je suis obligé de te dire solennellement que tu chies grave dans la colle. En ce 11 novembre, jour qui nous rappelle que des millions de pauvres types sont morts juste pour que nous puissions avoir un jour de congé, il serait temps que tu songes à un armistice raisonnable et que tu gardes tes forces pour des guerres plus sensées, y compris contre Charlie Hebdo si jamais un successeur de Val devait y refaire le coup du « choc des civilisations » et de la sainte Europe néolibérale.

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