Lettre ouverte à un camarade de LO

Mon dernier billet, qui ironisait sans trop de délicatesse sur les accusations portées de façon récurrente par Lutte Ouvrière contre le Front de Gauche et contre Jean-Luc Mélenchon, a suscité un intéressant commentaire de Recriweb, militant de LO avec qui j’ai déjà eu l’occasion de débattre brièvement (nombre limité de caractères oblige) sur Twitter. Ce commentaire, par la densité de son argumentation, me semble soulever des questions de fond sur la gauche, sur mon propre parcours politique, et sur ce qui oppose une organisation comme LO à celle à laquelle j’appartiens aujourd’hui : le Parti de Gauche. Cela m’a donné envie de répondre, non par un commentaire du commentaire, mais par une lettre ouverte qui pourrait contribuer, à sa manière, au débat interne à gauche.

Camarade,

« Il est bon », disais-tu le 24 août dernier en réponse à mon billet intitulé « LO nous brouille l’écoute« , « de ne pas supprimer les cloisons ou de taire nos divergences ». Encore faut-il être clair sur la nature réelle de ces divergences, ce qui implique d’examiner sans anathème ni procès en sorcellerie les objectifs et les stratégies de nos organisations respectives. L’occasion m’est donnée, en rectifiant quelques falsifications ou en dissipant certains malentendus, de faire cet effort de clarté.

LO n’est pas propriétaire du marxisme et du trotskysme.

Je n’ai pas, contrairement à ce que tu affirmes, « qualifié le marxisme et le trotskysme d’appareillage théorique pauvre ». J’ai écrit que certains partis, dont LO, émettaient des signaux politiques de faible qualité (lo-fi), peut-être (entre autres hypothèses) « par pauvreté de leur appareillage théorique ». Mon propos visait évidemment LO, certes, mais certainement pas « le marxisme », ni même « le trotskysme », dont LO n’a pas le monopole (même si LO est peut-être la dernière organisation en France à s’affirmer ouvertement, totalement et exclusivement trotskyste). Il existe en effet bien d’autres groupes qui se réclament du marxisme, décliné dans un de ses héritages, qu’il soit social-démocrate, jauressien, conseilliste, léniniste, trotskyste, stalinien, maoïste, situationniste… – cités ici sans jugement de valeur – chacun pouvant éventuellement se targuer, tout autant que LO, d’un certain légitimisme ès marxisme.

Par exemple, le POI (Parti Ouvrier Indépendant), comporte un courant trotskyste lambertiste et s’inscrit dans la lutte des classes, même s’il comporte aussi des courants non-trotskystes. A l’intérieur du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), la composante trotskyste issue de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire, avec qui LO a plusieurs fois fait alliance, d’ailleurs) garde un rôle décisif. Gauche Unitaire, organisation issue elle aussi de la LCR trotskyste, mais membre du Front de Gauche (coupable de « réformisme » selon LO), prône un « socialisme démocratique », et ses statuts précisent que la « rupture nécessaire » avec le capitalisme « ne se fera probablement pas selon le schéma d’une généralisation des luttes conduisant à un unique et bref affrontement avec le pouvoir central » (donc pas par une unique révolution) mais « sur un double processus de mobilisations sociales prolongées et de consultations populaires » (donc pas par la seule réforme gouvernementale ou parlementaire).

J’en profite pour dire en aparté que je souscris tout à fait à cette idée de « double processus » qui rend à mes yeux caduque la traditionnelle opposition entre révolutionnaires et réformistes. Les élections sont un des moyens légaux de faire de la propagande (ce dont LO ne se prive pas), de peser dans les rapports de force (ce que LO néglige, à mon humble avis) et de déposséder la bourgeoisie de tout ou partie de l’appareil d’Etat (ce que LO refuse sous prétexte qu’il n’y aurait rien à gagner à s’emparer d’un Etat, qualifié de « bourgeois », qu’il faut précisément détruire — je reviendrai plus loin sur cette question).

Je citerai enfin le cas pittoresque du PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France), qui n’est assurément pas trotskyste du tout, mais qui se considère comme authentiquement marxiste-léniniste (prônant toujours explicitement la dictature du prolétariat) et n’en adhère pas moins au Front de Gauche que LO trouve si peu révolutionnaire. Comme quoi la lutte des classes, la révolution, le marxisme, et même le trotskysme, ne sont pas la propriété d’une seule et unique organisation. « La propriété, c’est le vol », disait Proudhon. Le contresens que tu fais, camarade Recriweb, me semble symptomatique d’une tendance de LO à se considérer comme propriétaire du marxisme et du trotskysme, ce qui revient à dénier aux autres le droit de s’en réclamer, ou même de faire un usage non-exclusif de certaines thèses de Marx ou Trotsky (quelques années de militantisme en faveur des cultures libres et contre les abus du Code de la Propriété Intellectuelle m’ont aussi sensibilisé à cette question). Je dois avouer d’ailleurs qu’au Front de Gauche, nous sombrons parfois dans le même travers en nous présentant comme les seuls propriétaires légitimes de la vraie gauche, ce qui n’est pas la manière la plus habile de dénoncer les politiques antisociales menées par un PS qui, pour beaucoup d’ouvriers notamment, est toujours considéré comme « à gauche ».

On est toujours le social-traître, le stalinien, ou le gauchiste infantile de quelqu’un. Quant à moi, si j’ai rejoint le PG, c’est notamment parce qu’il fait figure de parti « creuset » de la gauche où s’amalgament les traditions républicaine, socialiste et écologiste. J’y ai trouvé des gens venus d’autres partis (PS, PC, MRC, FASE, Les Verts, NPA) mais aussi des gens venus comme moi de la mouvance libertaire et/ou du syndicalisme. Avec le Front de Gauche, nous sommes en train de concrétiser ce que le NPA ou le POI, peut-être d’avantage marqués par le trotskysme, ont eux aussi ambitionné (mais avec moins de succès) : dépasser les clivages qui ont rendu la gauche impuissante, et créer une force radicale au service de ce que les uns et les autres, selon leur « tradition » (libertaire, marxiste, républicaine), appellent « le prolétariat », « les ouvriers », « les travailleurs », « la plèbe », « le peuple », voire « la nation ». Bien sûr, tous ceux qui militent pour rendre au peuple (au prolétariat… etc.) le pouvoir confisqué par le Capital n’ont pas forcément envie de fondre leurs traditions politiques respectives (qu’elles soient réformistes, révolutionnaires, ou même qu’elles aient dépassé ce clivage) dans un parti, fût-il creuset, tel le Parti de Gauche. Et c’est bien là le rôle du Front de Gauche (qui n’est pas un parti mais qui est déjà plus qu’une simple alliance électorale de circonstance) : offrir un cadre commun de lutte à des organisations et à des militants non-encartés qui conservent chacun leur identité propre.

C’est sans doute une cause de fréquents malentendus entre nos partis respectifs, camarade Recriweb : tu affirmes que « les révolutionnaires ne sont armés que de la théorie de Marx et de la méthode révolutionnaire de Lénine » ; nous pensons au contraire qu’il ne faut pas considérer Marx et Lénine (ou Trotsky) comme les prophètes définitifs de la vraie foi, et que nous pouvons aussi bien en rejeter certaines thèses (personnellement, je n’ai jamais adhéré à l’autoritarisme de la dictature du prolétariat, par exemple) et puiser chez d’autres auteurs ou acteurs de révolutions passées des thèses et des méthodes d’action. Au Front de Gauche, on ne s’interdit pas les références à des personnages aussi variés (et parfois opposés) que Robespierre, Babeuf, Proudhon, Bakounine, Jaurès, Rosa Luxembourg, Gramsci, Debord, Chomsky, Lordon, et j’en passe. On dirait que pour LO, tout ce qui n’est pas exclusivement marxiste-léniniste version trotskyste selon la norme de LO est rangé dans la catégorie « aile gauche de la bourgeoisie », ce qui condamne LO à rester un groupuscule persuadé d’avoir raison contre tous mais échouant depuis des décennies avec une touchante constance à armer intellectuellement et concrètement la classe ouvrière. Voilà ce que j’appelle « appareillage théorique pauvre ». Nous autres, au Front de Gauche, nous savons que nos organisations respectives ne sont pas objectivement en mesure, chacune de leur côté, d’armer la classe ouvrière, ni de mener des luttes sociales victorieuses, ni de conquérir légalement le pouvoir. Dans tous les cas, il nous faut donc construire un rassemblement plus large qui permette de surmonter sans les édulcorer les dissensions traditionnelles de la gauche. Ce n’est pas gagné, et je crois que certains des initiateurs de ce qui ne devait être au départ qu’une alliance électorale sont les premiers surpris de la dynamique spontanée du Front de Gauche… Mais ça marche ! Pourquoi ? On peut analyser les parcours et les évolutions de chacun, l’habileté des uns ou des autres… Je crois que la nécessité historique y est pour beaucoup.

 

Réforme ou révolution ? Ni l’une ni l’autre, l’une et l’autre… Tout dépend du contexte.

J’ai dit moi-même que je venais de l’anarchisme. Tu me qualifies donc « d’ex-anarchiste enrôlé désormais dans la gauche parlementaire », ce qui rendrait « inévitable » que je me décrédibilise en qualifiant abusivement « le marxisme et le trotskysme » « d’appareillage théorique pauvre ». Je viens de montrer sur ce dernier point en quoi ta réaction contenait une falsification de mes propos. Mais je peux comprendre qu’un militant de LO convaincu d’être membre de la seule organisation authentiquement révolutionnaire, marxiste et trotskyste trouve peu crédible le parcours de quelqu’un passé de « l’anarchisme » (révolutionnaire mais pas marxiste) à « la gauche parlementaire » (donc au réformisme tant décrié par LO). Or, il est possible de voir les choses d’une toute autre façon. Tout d’abord, en adhérant au Parti de Gauche, je n’ai pas tiré un trait définitif sur les idées communistes libertaires qui furent les miennes. La presse bourgeoise aura beau marteler des accusations d’autoritarisme contre Mélenchon (vilipendé pour avoir passé ses vacances chez Chavez, mais aussi parfois carrément comparé à Staline ou à Pol-Pot !), j’ai trouvé dans le parti qu’il co-préside une énorme liberté d’initiative, une pratique assez courante de l’autogestion, et j’ai pu aussi constater que je n’étais pas le seul militant ayant tendance à mêler le noir de l’anarchie au rouge du socialisme. Lorsque Mélenchon appelle le peuple à prendre le pouvoir et donne comme consigne « n’attendez pas les consignes », on peut se demander si c’est moi qui suis un ex-anarchiste rallié à la gauche parlementaire ou si c’est lui, l’ex-trotskyste ex-sénateur et ministre socialiste, qui ne serait pas en train de mettre un peu d’anarchie dans sa République. Pour ma part, je reste et je demeure partisan d’un collectivisme non-autoritaire et de tout ce qui peut contribuer à l’émancipation politique, économique, sociale et culturelle de l’être humain. Pour cela, je suis prêt à utiliser tous les moyens même légaux. Mais la participation à des élections et aux débats parlementaires ne sont pas une fin en soi : le but reste bel et bien d’abolir la domination de l’homme par l’homme et la société de classes. Le programme du Front de Gauche, qui n’est certes pas un programme révolutionnaire, mais est un programme radical et concret de gouvernement applicable immédiatement, est une première étape, dans le contexte des forces réellement en présence, contexte dans lequel, tu le reconnais toi-même, le prolétariat n’a ni la conscience ni les armes qui lui permettraient d’abolir l’Etat bourgeois. Même dans le cadre limité qu’offre le programme « l’humain d’abord », il manque d’ailleurs selon moi des éléments de radicalité concrète qui auraient pu s’y trouver (je pense au revenu universel de vie, par exemple), mais c’est déjà un bon compromis et nous avons devant nous une réelle occasion d’opérer avec les assemblées citoyennes, les luttes sociales, et une victoire électorale désormais à portée de main, un véritable début de révolution citoyenne. Prôner cette voie nous situe bien dans la gauche radicale et non dans l’extrême-gauche révolutionnaire, quoi qu’en disent les médias bourgeois effrayés par le rouge de nos drapeaux. Mais cette révolution citoyenne est bel et bien un instrument de lutte contre la domination du Capital et ne nous range en rien dans le camp de la bourgeoisie, quoi qu’en disent les trotskystes gardiens de la vraie foi révolutionnaire.

Le Front de Gauche, par la force des choses au moins, n’est pas réductible à « la gauche parlementaire », pour la bonne raison qu’il a très peu de députés et de sénateurs (presque tous issus du seul PCF) et ne peut donc peser qu’à la marge dans le débat parlementaire. En se lançant dans la bataille sociale et en militant pour un referendum sur le TSCG, le Front de Gauche agit même objectivement d’ores et déjà dans un cadre plus extra-parlementaire que parlementaire. Par ailleurs, certains militants du Front de Gauche sont tout à fait prêts, je pense, si le contexte devenait réellement révolutionnaire, à oeuvrer au sein de conseils ouvriers à l’expropriation des capitalistes.

 

L’Etat bourgeois n’est pas bourgeois par nature.

Tu commets une autre falsification en disant : « Fidèle en cela au réformisme, tu imagines l’Etat bourgeois s’auto-détruire par une réforme profonde de l’Etat et de la propriété ». Il n’en est rien. Si j’accepte aujourd’hui la voie que tu appelles réformiste (encore que je récuse la validité de ce terme), c’est parce qu’elle me semble être une des manières les plus propres (dans le contexte actuel) à renforcer nos positions dans notre opposition au Capital. Il ne s’agit absolument pas d’attendre que l’Etat bourgeois s’auto-détruise, mais bel et bien de le plier à nos fins. J’ai pensé autrefois, fidèle en cela à l’anarchisme (et non au « réformisme »), que l’Etat, qu’il soit bourgeois ou qu’il prétende être ouvrier (cela ne faisait pour moi aucune différence), devait être détruit, que tout Etat était synonyme de domination bureaucratique. Aujourd’hui, je pense que c’est l’individualisme libertarien qui gangrène la société, bien plus que l’Etat, fût-il bourgeois. J’en suis arrivé à la conclusion que la priorité ne doit plus être la destruction de l’Etat mais la reconstruction des capacités d’action collective. La destruction immédiate de l’Etat bourgeois était sans doute souhaitable à l’époque où la conscience de classe et la capacité d’auto-organisation collective étaient croissantes dans le prolétariat, mais elle ne l’est plus maintenant que le capitalisme a réussi à atomiser la société en kyrielles d’individus passifs et isolés. L’Etat, même bourgeois, demeure en certains de ses aspects un des derniers remparts contre la domination totale et absolue du Capital. Cet Etat est ambivalent : bien que bras armé de la domination capitaliste, il est aussi dans sa structure actuelle le fruit des luttes sociales des deux derniers siècles. Il n’est pas qu’un tissu de procédures et d’hommes au service du Capital, il est aussi un ensemble de lois conquises par les ouvriers, de fonctionnaires au service de l’intérêt général, qui soignent, éduquent, protègent, transportent, relient en dépit même des obstacles posés par leur propre hiérarchie. C’est sur cet aspect-là de l’Etat qu’un pouvoir de gauche devra s’appuyer, pour mieux lutter contre les forces qui, à l’intérieur de l’appareil d’Etat, sont soumises au Capital. La « réforme profonde de l’Etat et de la propriété » contribuera également à rendre au peuple le pouvoir confisqué par le Capital.

Nous ne nous attendons évidemment pas à ce que cela se passe sans résistance de la part du Capital et de la partie de l’appareil d’Etat qui lui est acquise. Oui, la bourgeoisie se défendra, bien sûr. Mais il ne faut pas pour autant rester tétanisé comme un lapin devant la lumière des phares par les exemples passés de répression sanglante contre le peuple et des gouvernements de gauche ayant réellement essayé de combattre le Capital. Le risque existe toujours, bien sûr, et il convient de le déjouer dans la mesure du possible, mais en aucun cas ce risque ne doit devenir prétexte à l’inaction. Et puis, s’il faut se fonder sur des exemples, les révolutions citoyennes sud-américaines de la dernière décennie montrent bien, même si elles ont leurs limites, que dans le contexte actuel d’affaiblissement de la puissance américaine, des mouvements de gauche radicale forts du soutien populaire peuvent conquérir le pouvoir, transformer l’Etat et l’utiliser pour redistribuer les richesses, pour affaiblir la domination du Capital… sans finir inévitablement comme Allende. En France et en Europe, la paupérisation des classes moyennes fait que toute une partie de la petite bourgeoisie, y compris celle qui pourrait avoir un rôle à jouer au sein de l’appareil d’Etat dans une répression contre-révolutionnaire, a désormais intérêt à s’allier au prolétariat conscientisé contre l’oligarchie… à moins qu’elle ne succombe à la séduction des chiens de garde du capitalisme que sont les mouvements néo-nazis, fascistes, et autres lepénistes. C’est là tout l’enjeu de la stratégie Front contre Front de Mélenchon. Et cet enjeu dépasse de loin le cadre de l’Etat-Nation. Il y a aujourd’hui une convergence internationale des luttes contre le capitalisme et ses hommes de main fascistes. Différents fronts de gauche se sont constitués, chacun à leur rythme, avec plus ou moins de difficultés, voire d’échecs, mais aussi des réussites.

 

Le Front de Gauche est-il dans la majorité ou dans l’opposition à Hollande ?

Voilà la question qui obsède décidément les médias, mais aussi LO ! A quoi cela sert-il d’étudier Marx, Lénine et Trotsky si c’est pour penser comme Jean-Michel Apathie ? Il faudra qu’on m’explique. Mélenchon aura beau répondre inlassablement qu’il est dans « l’autonomie conquérante », refusant d’être dans l’opposition aux côtés de la droite et refusant tout autant de soutenir la politique austéritaire de la majorité formée par le PS et ses vassaux, rien n’y fait. Du côté des médias, rien d’étonnant, il faut alimenter le spectacle en termes simplistes et jouer à essayer de faire dire aux politiciens ce qu’ils font mine de ne pas vouloir dire. On ira même faire de Mélenchon le « meilleur opposant » (sondage à l’appui) à Hollande, en lui reprochant néanmoins « d’éructer » ou de « vociférer » (ce qui relève bien, ne t’en déplaise, camarade, du même champ sémantique que le ton « tonitruant » évoqué par Paul Sorel pour Lutte Ouvrière), afin de mieux souligner son « impatience » et son « intransigeance », qu’on se fera un devoir d’opposer (pour le plus grand plaisir de l’Elysée) à un PCF supposé plus doux. Quant à toi, camarade trotskyste, tu as décidé de ton côté que Mélenchon était « dans la majorité » et même le « revendiquait ». C’est évidemment faux, mais LO veut tellement que Mélenchon soit dans le camp de Hollande, pour mieux pouvoir le ranger dans le camp de la bourgeoisie, que la réalité des discours n’a plus aucune importance. Mélenchon affirme-t-il que le Front de Gauche est prêt à gouverner ? Tu en déduis qu’il veut gouverner avec Hollande, ce qui est pourtant impensable : non seulement Mélenchon a de longue date déclaré qu’il refuserait tout maroquin, mais le PCF, qui était peut-être le plus susceptible de céder aux sirènes du PS a lui aussi refusé (malgré les prophéties contraires des médias) d’aller au gouvernement ; avec « l’autonomie conquérante », Mélenchon a explicitement annoncé que l’objectif stratégique était de ravir le leadership à gauche au PS — c’est dire que si un jour Hollande appelle Mélenchon à Matignon, ce sera parce que celui-ci aura conquis la majorité, soit par un ralliement (peu probable) de nombreux députés PS au Front de Gauche, soit par une victoire du Front de Gauche à des élections anticipées. Que Mélenchon puisse se penser en possible remplaçant d’Ayrault (et même de Hollande), voilà qui n’a rien d’extraordinaire de la part d’un homme qui s’est présenté à l’élection présidentielle. Mais pourquoi diable, camarade, en déduis-tu que ce serait pour gouverner, comme le PS et avec le PS, « l’Etat de la bourgeoisie » plutôt que pour mettre en marche la révolution citoyenne pour laquelle il aura été élu ? Parce que les « politiciens » racontent toujours des « fables », peut-être ? Moi je veux bien, mais fidèle en cela à mon anarchisme viscéral, je mets les « politiciens » de LO dans le même sac. Pourquoi les ouvriers devraient-ils les croire, eux, plutôt que Mélenchon ? Peut-être pour une raison tout à fait objective : si Mélenchon arrive un jour au pouvoir, ce sera à la faveur d’un vaste mouvement social et porté par une alliance de partis différents, tous exigeants et rompus à la critique (contrairement aux vassaux actuels du PS) : il sera sous haute surveillance. Mais en l’état actuel des choses, si LO « renverse » un jour « l’Etat bourgeois » à la faveur d’une révolution prolétarienne (ce qui est bien moins probable qu’une victoire du FdG), ce sera par un coup de force solitaire. Arrivera-t-il alors aux révolutionnaires non soumis à l’orthodoxie de LO la même chose qu’aux Menchéviks, SR et anarchistes de jadis (couic) ? La révolution citoyenne n’est certes pas une révolution prolétarienne, tout simplement parce que le prolétariat n’est plus celui du XIXe siècle. Il n’a pas disparu, contrairement à ce qu’ont longtemps affirmé les médias, mais il a changé : il pèse moins en nombre et en capacité d’organisation collective, il n’a plus dans la société la même place incontournable dans la production de richesses, et il ne peut plus avoir, à lui seul, le rôle révolutionnaire que Marx lui avait assigné. Mais il existe aux côtés du prolétariat une petite-bourgeoisie plus ou moins prolétarisée, souvent intellectuelle, et qui est mûre désormais pour trahir sa classe. Je pense, comme François Ruffin (dans le numéro 55 de Fakir), que c’est l’alliance des ouvriers les plus conscients et de ceux qu’on a souvent moqués sous le terme de « bobos » qui peut aujourd’hui accomplir la révolution citoyenne contre l’oligarchie.

Les divergences entre LO et le Front de Gauche sont réelles et profondes. La stratégie solitaire de LO, à mon sens, est une impasse, qui joue la politique du pire dans l’espoir que cela donne envie aux ouvriers de faire la révolution, et s’il est vrai que le combat anticapitaliste ne passe pas obligatoirement par une adhésion au Front de Gauche, je trouve décidément très obtus le discours consistant à falsifier systématiquement nos propos pour mieux nous qualifier de valets de la bourgeoisie. Néanmoins, j’espère effectivement, camarade, qu’on se retrouvera dans les luttes. Si le sort me place un peu devant, je ne pourrai néanmoins pas m’empêcher de me retourner parfois avec appréhension : un coup de couteau dans le dos est si vite arrivé.

 

25 réflexions sur « Lettre ouverte à un camarade de LO »

  1. Clap!
    Clap!!
    Clap!!!
    Je n’aurais jamais su dire tout cela si bien. Merci de le faire.
    Juste une question: Garder pour la fin le coup de couteau dans le dos, ce ne peut pas être un hasard, ce billet est trop « écrit »: on en est à ce point? Il y a peu de temps que je milite (au PG), je ne me rends peut-être pas bien compte?
    Si c’est le cas, ça en met un coup dans l’espoir, je dois dire.

  2. Le coup du couteau dans le dos, c’est une manière de dire que LO, par son sectarisme, affaiblit l’élan populaire initié par le Front de Gauche. C’est une manière de dire aussi que des gens qui voient en nous des bourgeois ou des valets de l’Etat bourgeois, et qui ne parlent que de détruire l’Etat bourgeois, n’hésiteront pas une seconde à nous liquider si l’occasion se présente. Il vaut donc mieux le savoir et regarder derrière soi. Je pense aussi que LO, pour espérer prendre la tête d’une révolution ouvrière, a intérêt à ce que le sort des ouvriers se détériore encore. Nous qui ne pratiquons pas la politique du pire devenons donc des ennemis objectifs. Il convient donc d’être méfiants.

  3. Bonjour je viens de découvrir votre journal et cet article passionnant, Merci. Quelques rapides commentaires si vous le voulez.
    Concernant Lutte Ouvrière, je crois qu’ils devraient remettre en question leurs rapports avec le FdG. En effet, leur attitude de division de la gauche nuit aux intérêts qu’ils défendent : ceux du peuple. Connaissant un certain nombre de leurs électeurs « traditionnels », je peux affirmer que beaucoup ont modifié leur vote aux dernières échéances électorales. Il faut donc que la direction du parti (LO) prenne ses responsabilités et s’engage avec force dans le Front de Gauche, aux côtés de ceux qui, comme eux, veulent réellement le changement ! Je connais et comprends leur attachement à un certain nombre de valeurs (que vous évoquiez) et je crois qu’ils les y trouveront.
    Concernant les institutions, je suis en faveur d’un Etat providence, dont les prérogatives seraient largement étendues. Par le biais des nationalisations notamment, progressives mais de tous les secteurs stratégiques. Un Etat fort et déterminé à mener le changement face aux forces du capital et de la réaction.
    Enfin et pour être concis, je conçois le Front de Gauche comme dans l’opposition de gauche au gouvernement, c’est une position qui selon moi devrait être rapidement adoptée : elle est bien moins ambiguë et plus tranchée que la position officielle actuelle : affranchissons-nous totalement du PS avant qu’il ne nous entraîne dans sa chute !

  4. La position des dirigeants du PC, à la rigueur, peut être qualifiée d’ambiguë vis-à-vis du PS, ce qui est compréhensible eu égard aux participations gouvernementales passées des communistes et aux tractations qui ont dû avoir lieu pour que le PC puisse former un groupe Front de Gauche à l’Assemblée. Il faut tout de même souligner que le PC ne s’est pas laissé acheter pour quelques ministères, contrairement à ce que les médias ont voulu faire croire tout au long de l’année écoulée. Mais Mélenchon (pourtant lui aussi accusé longtemps par les médias, contre toute vraisemblance, de chercher à décrocher un poste) ainsi que les dirigeants des autres partis du Front de Gauche, sont on ne peut plus clairs. Quant aux militants du Front de Gauche, y compris les communistes, ils se considèrent bien comme les ayants-droit de la défaîte de Sarkozy mais irrémédiablement en résistance contre l’aveuglement austéritaire et antisocial du PS. D’ailleurs, l’attitude du PS durant les dernières législatives, notamment à Hénin-Beaumont, ne sera pas oubliée de sitôt. Et puis l’affrontement qui commence sur le TSCG va nécessairement clarifier encore davantage les choses. Entre le Front de Gauche qui prône la résistance au coup d’Etat financier et le PS qui capitule en accord avec la droite, il y a bel et bien opposition, sans la moindre ambiguïté.

  5. Argumentation très impressionnante. Bravo ! (un petit conseil pour rendre la « forme » plus attrayante : écrivez avec la fonction « texte justifié »). Je reviendrai puiser des arguments ici.

  6. Merci pour cet excellent texte.

    Je côtoie les militants de LO, comme ceux des autres organisations, au moins lors des manifs. Voici quarante ans LO avait beaucoup de militants âgés de trente à quarante ans. Des vieux à mes yeux d’ado sans pitié ! Et ce sont assez souvent ces militants que je rencontre encore… Ils ne sont peu ou pas du tout accompagnés de militants plus jeunes. Lors du premier mai j’étais frappé de constater que tous les militants LO étaient retraités. Tout comme les candidats présentés lors des législatives. Je ne sais si on retrouve ce fait dans d’autres régions que les deux miennes. Si c’est le cas, le couteau dans le dos risque de trembloter suffisamment pour nous laisser le temps de le contrer…

  7. Il en faut des mots pour justifier le réformisme, hein?
    Mélanchon est un feu de paille qui sera éteint par ses propres camarades du PCF.
    J’avais pensé à un Largo Caballero, m’est il n’y a pas de place pour ce genre de grandes gueules qui s’alignent toujours plus tôt que tard, sur les partis social-démocrates.
    « C’est ton destin » comme disaient les Inconnus.

  8. Bof ,ta plaine si elle prends du feu ce ne sera pas par les effets de manche du « ex-leader naturel » du FdG. Qui n’existe pas dixit le PCF.
    Il fait dehors, la même chose qu’ils faisait dedans.
    Et il finit toujours par voter et accepter la discipline réformiste, au PS et en votant pour le gouvernement (en s’abstenant comme il dit).
    On verra bien, mais « vieux croyant de Mahomet ne fait pas un bon chrétien ».
    En tout cas il fait un bon agitateur… pour un très mauvais programme.
    Le PCF n’est pas content. Cela fera qu’il mettra (encore) plus d’eau dans son vin aigrelet.
    La potion résultante la boiront ceux qui veulent bien la boire.
    Moi, je reste à l’eau plate, peu ami de m’intoxiquer des mots « révolutionnaires » et d’une pratique a la traine des réformistes.
    Ce type de spectacle a été déjà maintes fois donné et la conclusion a été toujours la même. Une catastrophe pour les travailleurs.
    Et si c’est pour citer le vieux Mao qui ne se serait jamais embarqué avec un tel spécimen de démagogue hors du temps et qui fera peu de temps, il disait « sans un parti communiste et une armée du peuple, le peuple n’aura rien »
    Passe lui le conseil à ton champion, mais va avec un casque, tu risques d’attraper des horions et sortir gonflé à bloc le programme de la sixième république sous le bras. Remarque, si t’es déficitaire question papier toilette…

  9. D’ailleurs quel « coup de couteau » peuvent faire les LO? Ils sont réduits à la portion congrue par leur seul fait. Il en restent combien des 200 mille de leurs électeurs qu’ils ont eu l’art de garder après en avoir eu 1 million 600 mille?
    S’attaquer à des ambulances, à de types qui se sabordent tous seuls, c’est faire preuve de mesquinerie et me rappelle le fameux dicton « pour la souris, quel puissant ennemi est le chat! »
    Que le Traité c’est de la merde? C’est cela.
    Que les gouvernements bourgeois (Hollande pour le cas d’espèce) s’en moquent si leurs bourgeoisie ont besoin de se torcher avec ? C’est cela aussi.
    Que tout cela sert encore à une joute électoraliste? C’est cela aussi.
    que cela peut permettre de le dire? C’est aussi cela.
    Mais de là à faire une attaque dont les raisons se trouvent en une hostilité à un parti qui a au moins le mérite d’être conséquente avec ses idées, c’est cela aussi, et plus qu’un peu.
    Qu’ils se plantent et que leur militantisme dérange les touristes de l’engagement? C’est cela aussi, mais il y sont pour rien.
    Laisse les tranquilles et occupe toi de chanter les louanges de ton héros « révolutionnaire » (un tantinet réformiste de son propre aveu, mais bon…) au lieu de passer ta conscience coupable sur les pauvres LO qui ont d’autres chats à fouetter.

  10. Le PCF a bien raison de dire qu’il n’existe pas de leader naturel du FdG. Mélenchon n’a jamais prétendu à ce titre, à ma connaissance.
    « Sans un parti communiste et une armée du peuple, le peuple n’aura rien », dis-tu en citant Mao. j’ai envie de répondre, comme je dis aussi aux militants de LO : « Ok, où est l’armée, où sont les armes, en attendant, on fait quoi ? » Sinon, Mao a aussi dit : « un bon communiste ne fait pas le fanfaron dans sa chambre ». Sacré Mao !

    Précision : je ne m’attaque pas à l’ambulance LO, je réponds, en prenant le temps d’argumenter longuement, aux attaques lancées par LO contre Mélenchon et le FdG, critiques qui font écho au discours médiatique le plus antisocial, et qui me semblent aller dans le sens du défaitisme le plus mortifère, à l’heure même où le peuple a besoin de s’unir et d’agir contre le capitalisme austéritaire.

    Tes accusations et tes insultes ne reposent sur aucun argument, elles sont donc vaines et stériles.

  11. Tu défends Mélanchon et son programme réformiste.
    Tu t’attaques aux LO parce qu’ils le disent et sur cela, ils ont raison.
    Tu prétends bâtir une tactique sur les sables mouvantes d’un programme bourgeois réformiste. Cela a été essayé mille fois et, cela a été un échec sans suite (l’avenir le plus probable du FdG) ou cela a conduit au massacre des travailleurs. (Le Chili par exemple)
    Le reste est pure littérature.

  12. Je ne défends pas « Mélanchon », qui est une invention de l’extrême-droite (tous les fachos écrivent « Mélanchon » au lieu de « Mélenchon »). Je soutiens le programme du Front de Gauche comme programme de gouvernement radical et concret immédiatement applicable (ce qui n’en fait pas une fin en soi, à mes yeux, mais seulement une première étape vers une émancipation qui ne s’obtiendra pas que par les urnes mais bien évidemment aussi par les luttes sociales). C’est du réformisme si tu veux, encore que cela puisse déboucher sur une véritable révolution de fait. Je ne vois pas en quoi limiter le pouvoir de la bourgeoisie, et particulièrement de la finance, fait de ce programme un programme « bourgeois ». C’est la même rhétorique creuse que celle de LO que tu emploies là (d’ailleurs, tu viens de quelle secte, toi ?).
    LO brandit toujours l’exemple du Chili ou d’autres répressions, ce qui n’a pour conséquence que d’alimenter la peur et de justifier la passivité. Chaque situation comporte ses propres risques, et nous n’ignorons pas ceux d’aujourd’hui (les gouvernements de gauche en Amérique du sud en connaissent quelque chose, et rien n’est jamais acquis). En 1789, on aurait pu invoquer la répression sanglante des jacqueries passées pour éviter de faire la révolution tant qu’on n’avait pas d’armée du peuple. Et puis si c’était pour finir avec Napoléon, il était peut-être plus prudent de ne rien faire, non ? Avec des révolutionnaires pareils, on aurait encore un Bourbon sur le trône en France.

  13. Franchement…
    Continue de défendre Méluche avec « e » ou « a »…si cela te convient. Quel niveau de discussion…à la mesure de la prose écrite. Déterminer la caractérisation des fascistes par une lettre…
    Au moins on est d’accord sur quelque chose. Il s’agit bien d’un « programme radical » J’aurais ajouté « radical-socialiste », mais bon…
    Quant à sa « réalisation immédiate »… encore un doux rêveur. Avec les 11% du FdG?
    Avec les 1% de LO et du NPA?
    S’il y avait une possibilité pour les travailleurs ou quiconque de changer « le modèle » et faire une « sixième république » socialiste je précise, ce serait à partir d’un très large mouvement des masses qui je ne vois pas démarrer nulle part. Cette « possibilité » très lointaine (une ou deux générations plus loin après une augmentation importante de la misère, ce qui est possible) est plus dans le discours de LO que dans les plans tactiques d’un carriériste qui a trouvé des gogos pour refaire le coup de Miterrand, ou d’un parti dominant, le PCF, que tout à ce qu’il aspire est à conserver ses places dans la république bourgeoise (le chiffre ils s’en tapent tant que les places restent)
    Mais tu peux rêver que la bourgeoisie va laisser passer les bras balants le plan pseudo-keynnesien et inflationniste de Mélonchon et toute les réformettes qui vont avec.
    Ah Sanctas simplicitas!
    Il ne passera jamais, il ne passera même pas le combat contre le PCF.
    Les LO ont plus de chances d’arriver qu’eux. Dans deux ou trois générations s’ils sont encore là, mais Mélanchon ou Mélenchon ou l’ancien ministre social-démocrate, lui, aucune.
    Descends du lampadaire et pose les pieds sur terre, la bourgeoisie est aux commandes et à l’offensive et sans un puissant mouvement des masses, pas de salut. Et comme cela ne risque pas d’arriver…
    Une petite question:
    Quelle est que qu’elle a été la « position » de ton champion lors des agressions impérialistes en Libye et en Syrie? Eh ben, ils les a soutenu derrière les rideaux de fumée de la propagande impérialiste.

  14. Le programme du FdG est « radical » dans le sens où il marque une rupture radicale avec les politiques libérales. Rien à voir avec le parti radical-socialiste de la IIIe République.
    Les 11% du FdG ? Ce n’est pas mal pour une structure qui n’existe que depuis 3 ans (et encore, le FdG de 2009 n’était qu’une alliance électorale sans vrai programme unitaire). On sait très bien aussi que le score aurait été encore plus élevé s’il n’y avait eu le réflexe du vote utile alimenté par la peur du FN, lui-même bien servi par les médias. Il y a bel et bien une dynamique du FdG. Ce n’est pas suffisant pour conquérir le pouvoir, mais nous ne sommes assurément pas de « doux rêveurs » lorsque nous estimons pouvoir peser de plus en plus dans les urnes et dans les luttes jusqu’à l’emporter bien avant « une ou deux générations ». Syriza en Grèce est déjà devenu le premier parti de gauche et a failli l’emporter. Les choses bougent : les preuves de l’échec des politiques austéritaires s’accumulent, Hollande reste immobile, mais l’alternative est prête. C’est bien pourquoi je le répète : le programme du FdG est applicable immédiatement, et il sera appliqué sitôt que le FdG aura conquis le pouvoir.
    Le mouvement de masse nécessaire, eh bien nous en sommes en train de le construire, justement.
    Le type de discours que tu tiens, tout comme celui de LO, est un discours défaitiste, qui consiste à toujours dire au peuple que le moment n’est pas encore venu, qu’il ne sert à rien de vouloir commencer à faire changer les choses, que cela ne sert à rien si le prolétariat armé ne fait pas la révolution, sauf que pour que le prolétariat soit armé, il faudrait que la révolution ait déjà eu lieu, donc en attendant, autant cracher sur le Front de Gauche et rester chacun dans sa secte. Eh bien non. La réussite du FdG, justement, est d’avoir déjà permis à des milliers de manifestants, à des millions d’électeurs, de sentir à nouveau leur force et de sortir de la passivité.

    Il n’y a pas de combat contre le PCF. Il y a alliance et même partenariat. Contrairement à toutes les prophéties des médias, le PCF a joué le jeu du FdG. Qu’il puisse y avoir des nuances entre le PCF, le PG ou les autres composantes du FdG, c’est bien normal, et le contraire serait inquiétant. Le PCF a plus à perdre que les autres à trop s’effacer dans le FdG : il est donc légitime qu’à chaque fois que le FdG se renforce, il cherche aussi à préserver ses positions. Mais les communistes savent aussi parfaitement que le déclin du PCF serait décidément inéluctable hors du FdG.

    A propos de la Syrie et de la Libye, tu dis juste n’importe quoi. Pour la Libye, Mélenchon avait dit qu’il soutenait les tentatives de l’ONU pour aider la rébellion contre Kadhafi, mais avait condamné les opérations menées sous couvert de l’OTAN sans aucun débat parlementaire. Pour la Syrie, il a clairement dit qu’il était contre une intervention militaire et que c’était au peuple syrien de faire sa révolution.

  15. Deux articles rapidement trouvés sur le net. D’ailleurs sa position de soutient à la politique d’agression, de déstabilisation et d’ingérence impérialiste est connue.
    « Jean-Luc Mélenchon a pris position en faveur de l’intervention militaire en Libye. Dans une interview publiée par Libération, le 21 mars, il affirme que si le Front de Gauche était au pouvoir, il aurait adopté la même démarche que Sarkozy : « Si le Front de gauche gouvernait le pays […] serions-nous intervenus directement ? Non. Nous serions allés demander à l’ONU un mandat. Exactement ce qui vient de se faire. Je peux appuyer une démarche quand l’intérêt de mon pays coïncide avec celui de la révolution. »

    Jean-Luc Mélenchon répète les mensonges de l’ONU et des gouvernements impliqués dans les bombardements : « Kadhafi tire sur sa population. Au nom du devoir de protéger, l’ONU demande d’intervenir », affirme-t-il. Or la « protection des civils » n’est en réalité que le prétexte de cette guerre. Il permet de masquer ses véritables objectifs, à savoir la protection des intérêts des puissances impérialistes en Libye. Il faut expliquer cette vérité à la population et déchirer le voile d’hypocrisie et de mensonges qui la dissimule. Cette guerre ne vise pas à appuyer la révolution des exploités, mais à la contrecarrer et l’étouffer. C’est une guerre réactionnaire et impérialiste, de tous les points de vue. D’ailleurs, Mélenchon devrait nous expliquer comment il se fait que des réactionnaires notoires comme Sarkozy et Cameron veulent soutenir une révolution, de l’autre côté de la Méditerranée. »

    « Mélenchon, la Syrie et L’Iran

    QUI est le conseiller de Mélenchon en politique internationale ?
    S’il en a un.

    Je suis tombé de ma chaise , et je n’ai pas du être le seul , à l’écoute du camarade Mélenchon sur France Inter à propos de la Syrie et l’Iran.

    Radio France Politique/ Jean-Luc Mélenchon

    Autant il est bon sur la politique intérieure et Européenne, autant force est de constater malheureusement qu’il est toujours aussi mauvais, et je pose mes mots, sur l’analyse des révolutions Arabes en général et du conflit Syrien et de l’Iran en particulier.
    Pour faire simple , il s’aligne directement sur l’ONU, cette organisation totalement inféodée aux intérêts occidentaux et principalement aux Etats-Unis .

    Il critiquait Chavez dernièrement en expliquant qu’il ramenait tout sur le plan uniquement anti-impérialiste, en rajoutant quand même « on peut le comprendre » .
    Je crois que Chavez pourrait lui donner des leçons en la matière et que l’ami personnel de Mélenchon, , Rafael Correa, pourrait lui confirmer s’il en est besoin.

    D’après Mélenchon, un gouvernement perd sa légitimité quand il tire sur le peuple.
    Voilà une vision simpliste en ce qui concerne la Syrie.
    Et qui arrange pas mal de monde , y compris les journalistes qui l’interrogeaient .
    Il faudrait lui demander au camarade Mélenchon, quand , au-delà d’une vraie opposition au régime, dans une guerre civile, avec une police complètement dépassée , des groupes armés , et même surarmés , par on ne sait qui mais dont on se doute, qui terrorise une population ( sniper, meurtre, torture, viol, incendie des maisons ) des groupes qui tiennent des quartiers entiers et même toute la ville de Homs ,pour faire manifester de force cette population , on pourrait demander au camarade Mélenchon ce qu’il ferait s’il était confronté à ce drame.
    Certes l’armée Syrienne ne doit pas faire dans la dentelle, mais quel serait « l’intérêt » de Bachar el-Assad de faire tirer dans le tas !

    L’ami Mélenchon reprend aussi et avec enthousiasme, sans aucune critique ni vérification les soi-disantes menaces de l’Iran qui voudrait « atomiser » Israel., et là on touche le fond !
    a) L’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire
    b) « Israel sera rayé de la carte »
    D’une pierre deux coups
    Petit clin d’œil aux sionistes ?
    Lui qui n’a pas été invité au « diner de cons », pardon … du Crif.

    Et toujours d’après Mélenchon, un régime théocratique ne peut que confirmer qu’il est dangereux , sous entendu pour Israel principalement ( tiens Israel , un autre régime théocratique quelque part non ? )
    De quel droit se permet t’il d’imposer sa vision de la démocratie , lui qui nie aussi qu’Ahmadinejad a été élue démocratiquement, sans aucun argument autre qu’ânonner
    la propagande de l’empire encore une fois , alors que je lui avais envoyé , moi, de vrais arguments qui tiennent la route et qui confirment qu’Ahmadinejade a bien été élu démocratiquement.
    Pas de réponse du camarade évidemment !

    A ses yeux, le régime d’Iran est coupable uniquement d’être un régime théocratique , avec d’horribles Mollahs ne pensant qu’à lapider dés le matin.
    En tant que laic , sa laicité intégriste m’exaspère .

    Voilà donc l’empire qui a trouvé , contre toutes attentes, un de ses meilleurs représentants ( de commerce).

    Alors voilà !
    Que faire avec le camarade Mélenchon ?
    Lui qui soulève des montagnes actuellement .

    Est-ce une stratégie de sa part, hurler avec la meute pour rameuter justement les ptits loups frileux égarés, de la gauche du PS ?
    Alors cette « stratégie » pue car elle va à l’encontre de la survie de tout un peuple et de son avenir.

    Désinformé à ce point ? On croit faire un cauchemar, est ce possible ?

    Pour le moment , moi , je me met en « stand by »
    BEAU GACHIS »

    Voila pour ton champion. Un soutient s^rr de la politique impérialiste contre les pays qui ne se plient pas complètement au diktat impérialiste.

  16. « Deux articles rapidement trouvés sur le net » : tu aurais pu chercher un peu mieux, parce que les deux articles que tu recopies (des liens auraient suffi !) ne sont pas des sources de première main, mais des analyses partiales très contestables voire suspectes (j’y reviendrai plus loin) de propos de Mélenchon isolés de leur contexte voire falsifiés.

    « D’ailleurs sa position de soutient à la politique d’agression, de déstabilisation et d’ingérence impérialiste est connue » : bien connue de qui ? de toi ? à partir de quels faits, de quelles sources ? Je te disais plus haut que, au sujet de la Libye, Mélenchon avait appuyé les décisions de l’ONU mais pas l’intervention de l’OTAN qui les outrepassait. A propos de la Syrie, je te disais que Mélenchon était hostile à toute intervention militaire. Même les deux articles truffés de conneries que tu recopies ne me contredisent pas. Le fait est que tu dis donc n’importe quoi.

    Le premier article provient du journal « La Riposte », tenu par des communistes très minoritaires hostiles à Mélenchon et à la ligne de la direction actuelle du PCF. Leur fond de commerce est l’anti-impérialisme (thème propice à maints dérapages). Pas étonnant dès lors qu’ils attaquent Mélenchon sur ce point. Précisons tout de suite que même s’il y avait bien une faille chez Mélenchon sur ce point, cela n’invaliderait pas la stratégie globale du Front de Gauche et son programme politique, économique et social. Nos braves communistes anti-impérialistes s’appuient donc sur une déclaration de Mélenchon, dont voici la source exacte (Libération du 21 mars 2011). Dans celle-ci, il dit : « Ma position est constante : je suis partisan d’un ordre international garanti par l’ONU ». Et plus loin, il affirme : « Si le Front de gauche gouvernait le pays, aurait-il regardé la révolution libyenne se débattre comme nos prédécesseurs ont regardé les révolutionnaires espagnols mourir ? Non ». Contrairement à ce qu’affirme La Riposte, on voit bien que les raisons qui poussent Mélenchon à approuver une intervention aérienne (et pas terrestre) sous mandat de l’ONU ne sont pas exactement les mêmes que celles de Sarkozy, qu’on n’a jamais vu se référer à la révolution espagnole de 1936. A noter que la Russie et la Chine, mais aussi le Brésil et l’Inde, n’ont pas voté contre la résolution de l’ONU. Il est donc largement exagéré d’y voir une résolution impérialiste. A titre personnel, je pense que Mélenchon aurait pu marquer d’emblée plus de réserves sur cette intervention, ce qu’il a fait d’ailleurs lorsqu’elle est passée uniquement sous direction de l’OTAN, mais faire de Mélenchon un « soutien de la politique impérialiste », lui qui s’est élevé contre la guerre du Golfe et contre les interventions du Kosovo, d’Afghanistan, ou d’Irak, est complètement fallacieux.

    Venons-en au deuxième article que tu tires du journal Le grand soir qu’on a connu mieux inspiré. Cet article, en effet, contient des erreurs. Par exemple, qualifier l’ONU d’organisation « totalement inféodée aux intérêts occidentaux et principalement aux Etats-Unis » est faux. On peut reprocher bien des choses à l’ONU, mais la Russie et la Chine sont membres permanents du conseil de sécurité, avec droit de veto, ce qui précisément empêche actuellement les Etats-Unis de lancer une intervention en Syrie sous couvert de l’ONU. L’OTAN, en revanche, est bien un instrument militaire au service de la domination américaine. Confondre les deux est malhonnête.

    Passons sur le fait que l’article fait pratiquement de Bachar El Assad un brave gars qui a juste le tort de « ne pas faire dans la dentelle ».

    Quant aux menaces de l’Iran contre Israël, les nier confine au négationnisme, tout comme il serait mensonger de nier à présent les menaces d’Israël contre l’Iran, qui sont tout aussi inadmissibles. Peu importe de savoir si Ahmadinejad a déclaré qu’Israël devait « être rayé de la carte » ou devrait « disparaître de la page du temps », selon la traduction. Il s’agit bien d’une volonté de faire disparaître un Etat, ce qui va bien plus loin qu’une condamnation de l’apartheid israélien contre les Palestiniens ou même d’une condamnation de l’idéologie sioniste. L’existence de l’Etat d’Israël est un fait. On peut militer pour l’existence d’un Etat palestinien et contre la colonisation israélienne, ou même pour la transformation de l’Etat d’Israël en un véritable Etat laïque et démocratique où chaque citoyen aurait les mêmes droits quelle que soit sa religion et son origine ethnique. Mais on ne peut accepter que le dirigeant d’un pays réclame la destruction ou la disparition d’un autre pays.

    Plus grave, l’allusion aux « sionistes » et au dîner du Crif utilise un registre sémantique bien proche de celui qu’affectionnent les fachos rouge-brun du type de Soral. Ça pue.
    Enfin, défendre la théocratie iranienne sous prétexte qu’Israël serait aussi théocratique est complètement débile. Malgré l’élection du président en Iran (que Mélenchon n’a pas niée, contrairement à ce qu’affirme l’article — ajoutons tout de même que la réélection d’Ahmadinejad a été plus que douteuse), l’Iran est bien une théocratie, un ayatollah étant placé au-dessus du président élu. Israël en revanche n’a pas de pouvoir religieux institutionnellement placé au-dessus du pouvoir civil, même si ce n’est évidemment pas un Etat laïque. Le côté laïcard de Mélenchon exaspère l’auteur. Fort bien. En quoi l’attachement à la laïcité est-il une marque d’impérialisme ? En quoi les critiques de Mélenchon contre la théocratie iranienne constituent-elles une marque de soutien au bellicisme sioniste ou à l’impérialisme américain ? Cette accusation est ridicule.

    Pour finir, si tu veux absolument que Mélenchon soit « mon » quelque chose, tu peux dire qu’il est mon tribun ou mon porte-parole, pas mon « champion » : la politique telle que nous l’entendons n’a rien à voir avec le sport-spectacle.

  17. « « Ma position est constante : je suis partisan d’un ordre international garanti par l’ONU ». Et plus loin, il affirme : « Si le Front de gauche gouvernait le pays, aurait-il regardé la révolution libyenne se débattre comme nos prédécesseurs ont regardé les révolutionnaires espagnols mourir ? Non ». Contrairement à ce qu’affirme La Riposte, on voit bien que les raisons qui poussent Mélenchon à approuver une intervention aérienne (et pas terrestre) sous mandat de l’ONU ne sont pas exactement les mêmes que celles de Sarkozy, qu’on n’a jamais vu se référer à la révolution espagnole de 1936. »

    C’est totalement clair. La politique de l’ONU depuis sa création a été un instrument de l’impérialisme US, et dans le cas de la Libye, une agression programme bien à l’avance, et non pas une « rébellion » mais bien un déstabilisation organisé par les « services » et utilisant les secteurs le plus réactionnaires de la Libye et de partout. Sachant que une semaine et demi après la manifestation du 27 février organisé par les fondamentalistes, les monarchistes et les régionalistes avec le concours direct des « services » US et français, que le 8 mars Sarkozy se travestisait en « soutient des révolutions », Mélenchon et d’ailler us presque toue la gauche et l’extrême-gauche le lui ont emboitée le pas.
    Tirer un trait d’égalité entre les anarchistes, poumistes et républicains espagnols et la bande des réactionnaires et agents de l’impérialisme c’est fort de café et montre la nature démagogique et opportuniste, dans le sens du poil de Mélenchon, sans parler de son soutient objectif à cette politique impérialiste qui a commencé par la Libye et continue par la Syrie tout en ayant dans sa mire l’Iran et après la Chine et la Russie si on se place d’un point de vue géopolitique stratégique.
    D’ailleurs les votes de la Russie et de la Chine le montrent bien. Cette politique impérialiste qu’il faut dénoncer pose des graves problèmes à terme pour la paix mondiale.
    Mélénchon, dont son objectif est de changer l’orientation politique de la bourgeoise français (c’est pour cela qu’il se pose qu’en réformiste) ne veut pas et ne peut pas s’attaquer à la fonction de supplétif de l’impérialisme US qui prenne l’impérialisme français tant en Libye comme en Syrie.
    Personne défends la « théocratie » (absurdité absolue) mais je vois que d’autres défends le sionisme qui est une réalité concrète. Une réalité fasciste qui opprime les Palestiniens, qui est le cheval de Troie et de bataille des impérialistes dans la région et qui, par la voix de leur ministre de la défense, menace directement l’Iran et le Liban ( le Sud où est établi le Hezbollah), d’une attaque des missiles tout en brandissant, par rhétorique « diplomatique » interposée, leurs armes (la menace) nucléaires.
    Mélenchon la dessus, couleuvre parmi ces question de manière à faire plaisir à tous, sans s’aliéner personne… Mais une condamnation des agissements impérialistes de fond dans la région? De cela, je te concède, avec tous les autres partis dits de gauche et d’extrême-gauche, il ne pipe pas un mot.

  18. N’étant membre moi-même d’aucune officine, et n’ayant pas trouvé de sources multiples et sérieuses pour accréditer la thèse d’un complot américano-franco-saoudo-qatari dans le déclenchement des révolutions arabes, je vais m’en tenir à une lecture prudente des événements, et dire avec Mélenchon et l’extrême-gauche qu’il peut être légitime que l’ONU essaie d’empêcher un tyran d’anéantir son opposition, ce qui ne m’empêche pas d’être hostile à toute intervention de l’OTAN. L’assassinat de Kadhafi me semble tout à fait explicable par le climat de violence au moment des faits et peut-être par le peu d’envie des Américains et des Français de le voir parler des affaires qu’il a pu mener avec eux. Je n’en sais pas plus, je pense que Mélenchon n’en sait pas plus non plus. Cela fait-il de nous des « soutiens objectifs » de l’impérialisme, alors même que la Chine et la Russie (que tu désignes pourtant comme prochaines cibles de l’impérialisme), ainsi que l’Inde et le Brésil, n’ont pas voté contre la résolution de l’ONU sur la Libye ? A ce compte, tout le monde sauf toi est un soutien objectif de l’impérialisme. C’est stupide. Tu peux estimer que Mélenchon, l’extrême-gauche, la Chine et la Russie se sont trompés, ont mal analysé la situation, et peut-être l’histoire te donnera-t-elle raison. Mais jeter des anathèmes comme tu le fais est totalement stérile.
    L’objectif affiché par Mélenchon est de rendre le pouvoir au peuple par une insurrection civique globale : il ne s’agit pas de changer l’orientation politique de la bourgeoisie française mais de lui arracher le pouvoir qu’elle accapare. Quant aux relations internationales, Mélenchon assume depuis longtemps une proximité avec les gouvernements de gauche sud-américains en révolte contre la domination états-unienne. Tes accusations n’ont aucun sens.

    Tu vois que « d’autres défendent le sionisme ». De quoi parles-tu ? Qu’est-ce que c’est que ce sous-entendu nauséabond ? Quel rapport avec Mélenchon qui n’a jamais, à ma connaissance, soutenu l’apartheid anti-palestinien ni le bellicisme israélien ? Cette obsession de l’impérialisme qui vise à tout ramener à la question israélienne (je te rappelle que le sujet de mon billet était les rapports entre LO et le Front de Gauche) est décidément étrange, à l’heure où pas mal de groupes fachos tentent de reprendre à leur compte des thèmes de la gauche radicale. Puisque tu as choisi de beaucoup t’exprimer ici, il serait peut-être temps que tu dises d’où tu parles.

  19. Des nouvelles fraiches du Front.

    « Le Front de Gauche en lutte contre le traité 8/09

     » Les mesures actuelles ne sont pas satisfaisantes  » , dénoncent les membres du FDG de l’Aude.

    Les 100 premiers jours de la présidence de François Hollande ne satisfont pas du tout les membres du Front de Gauche (FDG), dans l’Aude.  » C’est le changement… dans la continuité  » , a ironisé Bernard Dauphiné, de la gauche anticapitaliste, à l’occasion d’une conférence de presse, hier matin.

     » Les mesures actuelles ne sont pas satisfaisantes  » , a expliqué Rosine Charlut, porte-parole du FDG. Bernard Dauphiné a énuméré  » l’abandon des promesses  » sur le nucléaire et l’écologie, les futurs recrutements dans l’Education nationale « au détriment » des autres services publics, et la poursuite de  » la chasse  » aux Roms initiés par Guéant et Sarkozy…

    Guy Ayats, de la Fase, a regretté, pour sa part, que le gouvernement  » ne pèse pas suffisamment  » sur le dialogue social :  » Il faudrait que le rapport de force soit inversé en faveur des travailleurs.  »

    Autre point de mécontentement : la signature prochaine du traité du pacte de stabilité européenne. Les membres du FDG sont remontés contre ce texte : « A une virgule près, c’est le traité ‘Merkozy’ alors que Hollande avait promis de le renégocier. » Selon ce collectif, ce pacte va imposer l’austérité en Europe, un recul des services publics et de la protection sociale.

    Le FDG plaide en faveur d’un référendum sur ce traité, qui devrait être ratifié en octobre par le parlement. Ses membres font actuellement circuler une pétition sur ce thème. Et un appel à manifester est lancé pour le 30 septembre à Paris. »

    Voila que le gouvernement « pèse » suffisamment maintenant sur le « dialogue social »
    « Ni pour ni contre le gouvernement » de la flexibilité du travail et des 30 milliards d’économies pour payer les banquiers?
    Commentaire de JLM « Ils sont devenus fous! »
    Non, ils sont logiques avec la défense des intérêts des capitalistes. Point barre.
    On tombera donc dans la diversion Référendum, hein?
    Bien sur, on fera les deux chose à la fois, mais un peu plus (bien plus) le truc électorale.
    Faut-il communier avec de telles roues de charrette?

  20. Tu montres précisément par ces « nouvelles » que le Front de Gauche pèse dans les luttes sociales sans aucune complaisance à l’égard de la politique austéritaire de Ayrault et en mettant en évidence la trahison (qui n’est pas une surprise) de Hollande. S’il avait promis de renégocier le traité Merkozy, c’était bien sous la pression du Front de Gauche pendant la campagne présidentielle. A présent, le peuple peut voir clairement que Hollande ne tient pas sa promesse. Est-ce logique avec la « défense des intérêts capitalistes ? » Oui, mais pas avec la défense des intérêts du peuple. Or beaucoup de Français croient encore que la gauche, c’est Hollande. Le Front de Gauche a l’occasion de prouver le contraire. Il ne suffit pas de répéter en boucle que Hollande défend les intérêts du capitalisme et de la bourgeoisie : c’est un discours inaudible de type LO, qui ne s’adresse qu’à des gens déjà convaincus. Il est bien plus efficace de créer le rapport de force qui peut pousser Hollande à donner des gages à gauche et de dénoncer ensuite la réalité de ses revirements et de ses mensonges.

    La manifestation pour demander un referendum n’est pas une diversion. Diversion par rapport à quoi ? Réclamer un referendum empêche-t-il de soutenir les salariés de Sodimédical, de Pétroplus ou de Peugeot dans leur lutte, de réclamer l’interdiction des licenciements boursiers, l’amnistie des syndicalistes poursuivis, un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste… ? Bien sûr que non ! Au contraire, la manif pour le referendum sera un temps fort de mobilisation de la gauche, qui nous rendra plus forts, plus unis et plus mobilisés pour l’ensemble des luttes. Es-tu à ce point inféodé au Spectacle que tu ne puisses concevoir la lutte qu’en terme de zapping, l’une chassant l’autre, voire concurrençant l’autre ? Ne vois-tu pas que toute démonstration de force rend le peuple plus conscient, justement, de sa force ?
    Quand au « ni pour ni contre le gouvernement », encore une fois, c’est décidément un comble de voir des gens qui se prétendent du côté du mouvement ouvrier raisonner selon les termes imposés par les médias. Mélenchon l’a dit clairement : nous n’offrirons pas à Hollande le confort d’entendre : « fais ce que tu veux, nous, nous sommes dans l’opposition ». Puisqu’il a été élu grâce à nos 4 millions de voix, nous sommes les ayant-droits de sa victoire, et nous réclamons notre dû.
    Tu n’admets pas que les députés du Front de Gauche se soient abstenus lors de la confiance au gouvernement, plutôt que de voter contre ? D’accord, ça se discute. L’idée était, de ne pas afficher une opposition de principe à un gouvernement considéré comme de gauche par les plus grand nombre, avant même qu’il ait pris des mesures ouvertement anti-sociales. C’est une stratégie clairement assumée. Tu peux trouver qu’elle n’est pas la bonne. Mais continuer à y voir autre chose en dépit des explications limpides sur le sujet de Mélenchon confine à la surdité.

  21. Des illusions sur un programme qui est un programme réformiste et des illusions sur un leader contesté déjà parce que le PC ne garde pas ses places…
    Des illusions des militants qui prennent les aspect tactiques pour les fondamentaux.
    Je suis d’accord que s’adresser aux convaincus est stérile et ne mène nulle part, mais croire s’opposer aux plans bourgeois sans une base correcte, le résultat est encore prie.
    D’un coté des affirmations générales correctes pour l’essentiel sans une tactique flexible pour les faire passer; de l’autre un bon tribun et un bon tacticien mais un vieux politicien bourgeois pour un programme réformiste.
    C’est à s’arracher les cheveux.
    Si JLM avait un programme correct, sa tactique serait fine et correcte. D’ailleurs avec son expérience de politicien, il a dû apprendre quelque chose auprès des Miterrand, Jospin, et autres serviteurs de la bourgeoisie. A tromper les gens surtout.
    Mais son parti, il est où dans les luttes? Où est ce qu’il met le centre? Dans les élections et cela je le sais d’une source très proche. Le Parti de Gauche est une machine électorale, pas un parti qui met le centre dans les luttes ou le communisme ou le socialisme en direction aux travailleurs. Comment pourrait-il avec le programme radical-bourgeois qu’il a ?
    Il fonctionne comme tout organisation radical-socialiste et les carriéristes et les « ex » de tous horizons s’y trouvent entremêlés. Avec ça, on ne peut que soutenir un « caudillo » mais jamais servir d’outil aux travailleurs si les luttes se développent.
    « Tout dépend des masses » disait le vieux Mao, et c’est particulièrement vrai aujourd’hui, mais, hélas, je crois que les masses se laisseront amuser par des bateleurs de foire et des diversion à caractère électoraliste.
    Ce n’est pas que l’on ne peut peut pas faire les deux, les luttes syndicales et politiques, mais tout dépend où est ce que l’on met le centre, et la collecte des signatures pour un plus qu’improbable référendum (ni le PS ni l’UMP le veulent) En attendant tous les efforts qu’il faudrait mettre pour contrer les licenciements dans l’automobile et ailleurs, toute la lutte que l’on devrait mener contre l’austérité et la flexibilité, ne se fait pas.
    JLM n’est pas le problème principal des travailleurs, d’ailleurs LO non plus, et dans peu de temps la réalité dira « Hic Rhodes, hic salta! » tant aux uns comme aux autres. Qui vivra verra, pas la peine de s’énerver, dans peu de temps le souffle puissant de la réaction ou de la révolte auront dégagé le terrain et l’on verra clair.

  22. Je n’avais pas vu la réponse sur les questions internationales.
    Les évennements de Libye, aujourd’hui n’importe qui moyennement informé et à l’époque tous ce qui voulaient comprendre et savoir, poussés par l’évidente contradiction de voir des chefs impérialistes soutenir une « révolution », ont pu voir, et cela dès le tout début, le 8 mars, que derrière les régionalistes, les monarchistes et les fondamentalistes en rébellion, se trouvaient les impérialistes, décidés à déstabiliser et subvertir un petit pays. Pour le contrôle du pétrole, pour l’éviction des chinois, pour mater et donner un message clair à l’aile la plus avancée des révoltes arabes.
    On ne pouvait que dénoncer le tout, « rébellion » comprise, c’est à dire les troupes de main des impérialistes, appuyés par les monarchies réactionnaires du Golfe.
    Les Quattaris ont participé à hauteur de 5 000 hommes selon leurs propres déclarations à la mise en pièces d’un pays souverain, les troupes spéciales anglaises et françaises ont participé, n’en parlons pas des avions, aussi dans cette flagrante politique impérialiste qui est dirigée contre les intérêts de tous les petits pays.
    L’avancée qui avait été la déclaration de Bandoung 1957, des pays pauvres contre la politique d’agression des impérialistes a été balayée en Libye et continue de l’être en Syrie.
    Tout appui, même partiel à une telle politique c’est un coup de poignard dans le dos aux peuples de partout et un danger pour la paix mondiale, vu qu’elle met en place la politique du plus fort dans un monde profondément divisé.
    Les prétextes des supposées « rébellions », en fait des manipulations des intégristes et autres réactionnaires par les services impérialistes, ne trompe que ceux qui veulent bien se faire tromper ou que sciemment soutiennent la politique impérialiste. Peut-être,( et encore il faudrait investiguer, vu qu’en Libye dès les début, la main des réactionnaires et des services était présente) il a eu une rébellion populaire, vite fait détournée par le manque des organisations de gauche pour la diriger, et par la maitrise en subversion et manipulation des services impérialistes.
    Ces agression,s visent le contrôle totale du pétrole du moyen orient sont une menace directe contre la chine, qui se voit évincer manu militari de la Libye et qui voit en cela une menace pour son « influence » en Afrique et ailleurs. La qui va ouvrir d’autres fronts pour parer la menace, est très dépendante des ressources de tout ordre en provenance du monde entier. L’impérialisme US qui le voit, agit pour couper ces sources ou les contrôler afin de tenir la chine La confrontation à montée de plus d’un cran et la situation internationale est pleine des menaces. Un incident peut tout faire sauter.
    Le but donc des manouvrières en Syrie et en Iran vise non seulement, ni principalement ces pays, mais d’autres, la Russie et la Chine, étant la Chine l’adversaire principal. C’est très dangereux à terme pour la paix mondiale.
    Devant cette situation qui se profile de plus en plus clairement, personne de gauche répond, mais se tromper et tromper les autres en soutenant la politique de l’ONU, qui obéit aux US ou qui ne sert à rien (l’Irak) est faire objectivement le jeu des impérialistes.

  23. « Programme réformiste » : je le répète, je trouve que la disctinction « réformiste/révolutionnaire » est dépassée, mais bon, si tu ne peux opérer ce dépassement, disons juste que ce programme « réformiste » me semble une excellente base, bien meilleure que les bases révolutionnaires de type LO qui nous demandent d’attendre que le prolétariat soit armé avant de commencer à transformer les conditions de vie du peuple.
    « Leader contesté » : je conteste aussi ce terme de « leader », mais bon, là aussi, si tu n’es pas capable de concevoir autrement le rôle de Mélenchon au sein du FdG, admettons. Donc, d’après toi, il est « contesté ». Je serais tenté de dire : encore heureux ! Et au sein même du PG, ça discute, ça débat, ça conteste… C’est le contraire qui serait inquiétant. Et tout « contesté » que Mélenchon puisse être, même par le PC (d’après toi), il se trouve que le FdG continue d’avancer et de grossir sur la base de « fondamentaux » solides. Certes, le programme « l’Humain d’abord » ne prévoit pas de fusiller tous les bourgeois, les traîtres, les réformistes, et ne prétend pas éradiquer d’un coup de baguette magique le capitalisme en france ou dans le monde. Il n’affirme même pas qu’un individu est forcément bourgeois s’il est élu ou cadre d’un parti (même s’il n’a eu de cesse de ramener ce parti à ses devoirs envers la classe qu’il prétendait représenter). Certains peuvent
    trouver cela trop timide. Moi, ça me va.

    Où est le PG dans les luttes ? Aux côtés des Sodimédical, Pétroplus… etc. notamment pour les aider à percer le mur du silence des médias face auquel le talent de tribun de Mélenchon est décidément un atout précieux. En relais et en soutien des syndicats, aussi. Dans l’éducation populaire, dans les assemblées citoyennes, pour contribuer à l’éveil des consciences et à ce que le peuple se prenne en charge lui-même. Ta source très proche qui dit que les élections sont le « centre », c’est du flan, ou bien c’est quelqu’un qui te dit n’importe quoi. En plus, le PG « machine électorale », ça fait doucement rigoler : 1 seul élu à l’Assemblée nationale, plus aucun au sénat, un accord avec le PC au sein du Front de Gauche qui faisait la part belle aux communistes pour les législatives et faisait donc du PG bien plus une usine à idées qu’un parti d’élus. Tu racontes décidément n’importe quoi. Tu colles des étiquettes de plus en plus infâmantes : « réformiste », « ba
    teleur de foire », « bourgeois », « rad-soc », « radical-bourgeois », « carriériste », « sioniste », « impérialiste », « caudillo » (et pourquoi pas « Führer », pendant que tu y es ?), mais sans l’ombre d’un argument ni d’une source solide, persistant à ne pas dire d’où tu parles, reprenant à ton compte les lieux communs véhiculés par les médias bourgeois tout en citant Mao. Du coup, on ne voit pas bien si tu es un agent provocateur, un vieux stal ou un rouge-brun masqué en anti-impérialiste de bazar (tu vois, c’est facile de coller des étiquettes), mais une chose est sûre : pour quelqu’un qui voit tout politicien comme un menteur, tu n’es pas du tout crédible toi-même.

    Sur l’international, tu dois avoir des sources aussi mystérieuses et fiables que pour le PG, parce que prétendre que l’ONU a obéi aux Etats-Unis en condamnant la répression de Kadhafi pour en réalité évincer les Chinois (« adversaire principal »), lesquels pourtant n’ont pas voté contre cette résolution, c’est plus que tiré par les cheveux. Ils sont un peu cons, ces Chinois, quand-même, de ne pas mettre leur veto à une opération qui viserait leurs intérêts. Sans parler des Américains qui auraient donc déclenché eux-mêmes des pseudo-révolutions dans les pays arabes pour y placer des dirigeants islamistes à la place des dictateurs avec qui ils avaient l’habitude de s’entendre (Ben Ali, Moubarak, et même finalement Kadhafi, le gentil campeur de l’Elysée). Les Américains, décidément bons à rien, qui malgré tant de complots ne sont même pas foutus de se débarrasser de Chavez ou de Correa près de chez eux, ni même d’imposer la pax americana en Irak ou en Afghanistan.
    Ok, admettons. Et alors ? Quel rapport avec Mélenchon ? Ah oui, j’oubliais, comme il n’est pas fan de la théocratie iranienne, et qu’il respecte (sans plus) la stricte légalité de l’ONU, il fait « objectivement le jeu des impérialistes ». Là, j’ai envie de dire : pourquoi seulement « objectivement » ? On voit bien que ça te démange de dire que Mélenchon est un employé de la CIA, du Mossad et des extra-terrestres. Pourquoi tant de retenue ?

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