1918-2018

« Mesurons ce que fut cette guerre : 48 millions d’obus ont été déversés sur Verdun ; avec ce qu’a coûté le conflit, une petite maison avec un jardin aurait pu être offerte à chaque citoyen des pays belligérants… »

Jacques Tardi, Interview dans l’Humanité, 10 novembre 2008.

La paix est un problème social

« La guerre est bien sûr observable tout au long de l’histoire humaine, mais la constatation n’est pas aussi triviale qu’il y paraît. Elle mène beaucoup plus sûrement que les généralités tardives de Freud sur l’instinct de mort à une formalisation simple et efficace de l’un des problèmes fondamentaux de l’espèce. La cohésion du groupe dépend de l’hostilité à d’autres groupes. Moralité interne et violence externe sont fonctionnellement associées. Toute chute de la violence externe menace donc à terme la moralité et la cohésion interne du groupe. La paix est un problème social. (…)

Les sociétés humaines ont, certes, des caractéristiques intrinsèques : système économique, structures familiales, croyances religieuses, organisation politique. Mais aucune ne peut être conçue et décrite sans des référents extérieurs qui contribuent non seulement à la fixation de ses caractéristiques dans un long jeu d’influences réciproques ou de rejets, mais qui permettent aussi sa cohésion interne, la mobilisation d’une solidarité du groupe contre un “autre” extérieur ou intérieur. Il n’existe aucune identité absolue : l’identité d’un groupe, dans l’espèce homo sapiens, est toujours relative. »

Emmanuel Todd, Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine, Seuil, 2017.

#balancetonbrighelli

Une camarade m’a fait parvenir récemment un article de la revue Causeur (qui ne fait pas partie habituellement de mes lectures), me le présentant comme « intéressant » et me demandant mon avis dessus.

« Intéressant », cet article l’est effectivement à plus d’un titre, par le côté abjectement réactionnaire et phallocrate de la Weltanschauung qu’il véhicule.

L’auteur en est Jean-Paul Brighelli, « enseignant et essayiste » pour le moins sulfureux que mon collègue Grégory Chamblat présente comme un « réac-publicain anti-pédago ». Selon B. Girard :

« La prise de parole de Brighelli à un meeting du FN, son implication décomplexée à la campagne électorale de l’extrême-droite (voir ses fonctions nationales dans le parti de Dupont-Aignant) ne sont pas un accident, pas davantage une nouvelle manifestation d’un carriérisme débridé, de longue date attesté. Cela fait tellement longtemps que Brighelli occupe le devant de la scène médiatique avec les mêmes rengaines reprises par des médias et des éditeurs chez lesquels il a manifestement toutes ses entrées. Au-delà de l’expression d’un ego personnel manifestement surdimensionné, ce que révèle cet épisode, c’est la porosité des frontières entre une certaine mouvance « réac-publicaine » dont Brighelli est un représentant notoire et le projet politique autoritaire/identitaire d’un parti d’extrême-droite. »

Bref, je ne m’attendais pas à trouver dans cet article un contenu progressiste… et je n’ai pas été déçu ! Continuer la lecture de « #balancetonbrighelli »

Modeste contribution à la boîte à idées de la FI à propos de l’organisation du mouvement

Pour être crédible, la France Insoumise doit s’appliquer à elle-même son propre programme. On ne peut convaincre le peuple de la nécessité d’une 6e République démocratique si on ne fonctionne pas de façon démocratique. Le peuple a trop longtemps été trompé par des partis dont les actes trahissaient toujours les paroles. Nous avons un devoir d’exemplarité.

La direction du mouvement doit donc être élue. La direction actuelle s’est instituée elle-même, ce qui était compréhensible dans le cadre d’une campagne électorale, avec un mouvement constitué ex-nihilo pour soutenir un candidat dans dans le cadre d’un scrutin uninominal très personnalisé. Mais nous passons à une autre séquence. Il faut donc une direction élue, de préférence paritaire, avec un mandat limité dans le temps. Continuer la lecture de « Modeste contribution à la boîte à idées de la FI à propos de l’organisation du mouvement »

Droit de réponse à Philippe Cohen-Grillet, à propos de la considérable affaire Corbière

Je ne connais pas personnellement Alexis Corbière.
J’ai été membre de 2012 jusqu’à cette année du même parti que lui, mais en désaccord avec certains aspects de l’organisation de la France Insoumise, comme je l’ai évoqué ici-même, je prends actuellement quelque distance avec ce mouvement. On pourra donc difficilement me reprocher de prendre la défense d’Alexis Corbière par esprit de clocher. Je ne crois pas d’ailleurs qu’il ait vraiment besoin de mes services pour se défendre, mais étant attaché à une certaine forme d’honnêteté intellectuelle, je n’aime pas la mesquinerie crasse. Continuer la lecture de « Droit de réponse à Philippe Cohen-Grillet, à propos de la considérable affaire Corbière »

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