Mouvement

« Le rôle, le travail et le quotidien d’Hitler depuis sa sortie de prison ne se limitent cependant pas à enjôler des cadres de toutes les organisations de l’extrême-droite allemande. Il est bien entouré et conseillé, et songe à l’organisation concrète d’un mouvement d’extrême-droite puissant, qui permette de capter à son profit toute l’énergie revancharde de ceux qui estiment que l’Allemagne est une victime de la guerre et de la paix, et pour qui la démocratie parlementaire et libérale de la République de Weimar constitue un régime foncièrement antiallemand, devant être balayé pour que le pays reprenne la maîtrise de son destin. Pour cela, il faut un parti et un mouvement qui impliquerait une contre-société prête à se substituer à l’organisation sociale existante le moment venu.

Les nazis parlent en effet de mouvement plutôt que de parti, un terme trop statique, comme celui d’Etat, et qui ne correspond pas à la vision dynamique qu’ils ont de la biologie et de l’histoire — l’histoire étant au reste totalement réductible à la biologie. Le terme Bewegung (mouvement) semble mieux dire et signifier ce qu’ils entendent par action politique, et il doit englober la communauté allemande pour qu’elle se réorganise. »

Johann Chapoutot, Christian Ingrao, Hitler, PUF, 2018

Auteur : Serge Victor

Militant de gauche, écosocialiste féministe autogestionnaire laïcard républicain partageux

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