Faut-il séparer le nazi de l’autiste ?

Il paraît qu’Elon Musk, lundi 20 janvier 2025, n’a pas fait un salut nazi mais a envoyé des petits cœurs à ses fans, dans un geste qu’il faut voir comme une maladresse liée peut-être à son trouble autistique.

Salut nazi d'Elon Musk
Elon Musk faisant un salut nazi

Moi qui bosse avec pas mal de jeunes neuro-atypiques, jusqu’ici, quand ils veulent envoyer du love, je les ai toujours vus faire des cœurs, des bisous… même maladroitement.

coeur avec les doigts
Salut nazi, euh… non, signe du coeur avec les doigts — attention à ne pas confondre, c’est si ressemblant !

Mais Musk est ministre d’un gouvernement qui promet de déporter des immigrés. Il soutient l’AfD allemande (dont le dernier slogan de campagne « Alice für Deutschland » est une référence à peine voilée au « Alles für Deutschland » des SA nazis), le nazi demi-mondain Soral… Il a tenu des propos sexistes, homophobes. Il favorise le complotisme (notamment antisémite) sur X. Alors quand il envoie des coeurs, ça ressemble un peu à un salut nazi, faut comprendre.

N’allez pas vous imaginer des choses.

Sur le podcast de MacG, Eroll Musk (père du petit lanceur de coeurs) expliquait en novembre 2024 que les grands parents maternels d’Elon Musk étaient des sympathisants de l’Allemagne nazie et qu’ils avaient émigré du Canada vers l’Afrique du Sud en 1948 pour soutenir l’apartheid. Ils y avaient adhéré à un parti nazi.

Extrait du podcast de MacG

Sur Médiapart, Lucie Delaporte et Marine Turchi rappellent que le petit lanceur de coeurs est un habitué des codes antisémites et suprémacistes.

Mais surtout, n’allez pas vous imaginer des choses.

A moins que… ?

If it walks like a nazi and talks like a nazi... it's probably a nazi

La fin et les moyens

« Dans toute tactique révolutionnaire, les moyens mis en oeuvre doivent aussi être exemplaires et cohérents quant aux objectifs finaux et dans le cadre d’une stratégie globale. Je l’ai déjà mentionné : l’objectif de renforcer la démocratie à tous les étages de la société interdit par exemple de recourir à des tactiques partidaires niant les principes démocratiques au sein du fonctionnement des partis. Il en est de même pour le respect des principes féministes ou l’intransigeance vis-à-vis des propos racistes ou homophobes, par exemple. Les structures que nous construisons jouissent d’une relative autonomie et peuvent, tel Cronos, dévorer leurs enfants. Or, tout habitus antidémocratique pris dans la lutte contre le capitalisme risque de contaminer par la suite l’organisation de la société en construction. »

Hendrik Davi, Le capital c’est nous,
Manifeste pour une justice sociale et écologique
,
éditions Hors d’atteinte, 2023

L’ordre du parti (écosocialiste) contre le parti de l’ordre (néolibéral)

« Le problème d’un salarié lambda est moins un surplus d’ordre policier que le désordre total dans lequel le capitalisme néolibéral a plongé la vie des gens, en démantelant à petit feu tous les services publics. Il est impossible de prendre un bus ou un train à l’heure, d’avoir un appareil électronique qui marche correctement, des logiciels de gestion bien pensés, de transmettre avec certitude un courrier ou un colis. […]

Bref, la grande tendance à l’échelle mondiale pour les classes populaires n’est pas que le capitalisme produirait trop d’ordre, mais bien que le capitalisme néolibéral produit des désordres de plus en plus criants en déstabilisant les solidarités gagnées par nos luttes et institutionnalisées à travers les Etats-providences. Évidemment, le bloc bourgeois en crise tend à restreindre aussi les libertés fondamentales et se fascise. Nous devons le dénoncer, mais si on se focalise là-dessus et qu’on ne le vit pas, nous ne comprenons pas pourquoi beaucoup de membres de classes populaires sont, quant à eux, “en demande” de sécurité. On ne le comprend pas si on ne vit pas dans un quartier défavorisé, que sa voiture n’a aucun risque de brûler la nuit, que son enfant ne risque pas d’être racketté, de se prendre un coup de couteau. Le petit bourgeois n’a pas peur de perdre son emploi quand son train est en retard ou quand il tombe malade et ne comprend pas cette demande de sécurité qui traverse les sociétés et fait basculer vers l’extrême-droite et le néofascisme. Dans la même veine, si on n’est pas soi-même un jeune issu de l’immigration vivant dans une cité ou qu’on n’en côtoie aucun, on ne peut pas comprendre la peur et la haine éprouvées envers la police ni les violences policières. Si on n’est pas soi-même musulmane, on ne comprend pas l’islamophobie. Si on n’est pas une femme qui marche dans la rue le soir, on ne ressent pas le patriarcat au fond de sa chair. Sur le plan de la théorie, c’est là que nous avons besoin de l’existentialisme de Sartre, qui complète si bien le matérialisme dialectique.

Pour que la théorie politique s’ancre dans la réalité et le vécu du plus grand nombre, l’intellectuel doit donc être plongé à égalité dans la même organisation politique qu’une masse significative de militants défendant un même horizon commun. Il doit ainsi pouvoir nourrir l’organisation politique d’un arrière-plan théorique qui donne de la consistance, tant à la construction de l’horizon émancipateur qu’aux stratégies révolutionnaires. A travers la praxis, il est lui-même nourri par l’expérience collective. […]

Ce travail intellectuel organique nous pousse à forger des organisations, des partis et des syndicats à même de l’organiser et d’en pérenniser les acquis. Ce travail doit nous permettre d’analyser collectivement les échecs et les réussites de chaque événement politique. Les pratiques issues de chaque lutte et de chaque élection doivent ensuite être utilisées pour compléter la théorie. Celle-ci ne se déduit pas de la compilation de faits empiriques organisés de façon chaotique ; elle ne peut être utile que si elle est capable d’absorber la somme des expériences pratiques menées par les collectifs en lutte. Ce second rôle de l’intellectuel organique justifie une fois de plus une organisation spécifique, donc un parti, comme creuset pour organiser cet aller-retour incessant entre théorie et pratique. »

Hendrik Davi, Le capital c’est nous,
Manifeste pour une justice sociale et écologique, Hors d’atteinte, 2023

Art populaire

« Il [Paul McCartney] l’a dit et répété : il avait grandi dans un milieu modeste, sans grande ouverture sur le monde extérieur. Le terrain, néanmoins, était préparé. Dans le monde ouvrier, celui de ses parents, on quittait l’école à quatorze ans pour travailler aussitôt. En Grande-Bretagne, dans la génération de Paul, les garçons de ces milieux pouvaient déposer une demande de bourse pour entrer dans une “art school” (Institut des Beaux-arts). Il suffisait d’un dossier, avec quelques dessins, pour obtenir une bourse de quatre ans d’étude. Il ne faut pas chercher plus loin, c’est pour cette raison que tous ces jeunes musiciens britanniques qui faisaient du rock ont pu découvrir un autre monde, inconnu de leurs parents : celui de l’art, de la photographie, de la peinture, du théâtre, de l’avant-garde artistique, parfois, qu’ils ont naturellement mêlé à leur amour du blues et du rock’n’roll. Les Rolling Stones, les Kinks, les Who, David Bowie, Roxy Music : la liste est longue à l’infini. C’est ce qui a apporté cette esthétique, et parfois, cette recherche particulière, propres au rock britannique. »

Michka Assayas et Maud Berthomier, Very good McCartney trip,
France-Inter et GM éditions, 2024

Les chroniques de Le Banni (de Le Média), épisode 11

Résumé de l'épisode précédent : Bénévhôl, le guerrier de Kohop, a été banni de Lmédiâh par la triade Khakobb. 
Après avoir parcouru steppes arides et marécages boueux pour rassembler réprouvés et Sociôhs épars, il a retrouvé droit de cité et a même réussi à s'introduire dans le saint des saints : le Cénacle de Surveillance. Mais il est alors trahi par son vieux compagnon Antohân l'Imposteur, qui a piégé ou détruit tous ses refuges secrets, le privant de nombreuses armes et possibilités de repli.
Il est bien toujours LE BANNI.

Quelques éclaircies dans la coopérative du Média

Depuis le dernier épisode, il y a eu du nouveau au sein de la SCIC du Média. Les menaces à peine voilées de re-bannissement qui m’avaient été adressées sur le forum n’ont pas été concrétisées, et j’ai même soudain (sans explication) retrouvé plein accès à la boucle Telegram. Il est toutefois trop tôt pour décréter la fin de mon bannissement : je n’ai en effet toujours pas retrouvé accès aux groupes Facebook du Média (du moins, je sais qu’il en reste un : « Le mur de l’info des socios« , dont j’ai longtemps été un des modérateurs). Et je n’ai pas été réintégré parmi les Correspondant·e·s Citoyen·ne·s ni dans le groupe de soutien coopératif aux bénévoles (qui n’existe en réalité même plus… alors que sa création avait été votée par l’AG 2022, vote qui devrait donc engager le Directoire, qu’il le veuille ou non). Je n’ai d’ailleurs jamais été informé des motifs de la rupture de mes conventions de bénévolat, j’ai contesté ces décisions arbitraires inexpliquées, et j’ai réclamé ma réintégration… en vain. J’ai continué à oeuvrer bénévolement malgré mon éviction à la promotion du Média (avec les Socios Engagé·e·s) et à la couverture vidéo de certaines manifs ainsi qu’à la relance d’un réseau de Correspondant·e·s. Je réclame toujours ma réintégration dans les Correspondant·e·s Citoyen·ne·s conventionné·e·s et dans le groupe de soutien coopératif aux bénévoles. J’ai également postulé pour reprendre part à la modération bénévole du forum, à laquelle j’avais déjà contribué en 2019 et 2020. La seule réponse du Directoire a été qu’il n’y avait personne de disponible parmi les salarié·e·s pour être référent·e des bénévoles. Cette réponse n’est pas convaincante, car en réalité, il est tout à fait possible de mettre en place un fonctionnement qui ne cause aucune surcharge de travail pour le ou la référent·e, ce que nous sommes d’ailleurs en train de prouver avec les (vrai·e·s) Socios Engagé·e·s en reconstituant sans référent officiel un groupe de correspondant·e·s bénévoles qui a déjà permis de couvrir dans plusieurs villes la manifestation du 7 septembre 2024 ou celle du 21 septembre, et de fournir des images à la rédaction du Média avec laquelle un contact peut tout à fait se nouer efficacement sans passer par l’ancien référent devenu bloquant.

Lors de la dernière AG, des Volontaires (bénévoles conventionné·e·s) ont bel et bien pu candidater et être élus au Conseil de surveillance, ce qui prouve que le Directoire a bien été en mesure de renouveler leur convention de bénévolat avant l’AG de juin 2024 avec un référent (le titulaire actuel et le suppléant issus du collège des Volontaires au sein du CS sont bien des Correspondants Citoyens conventionnés, preuve qu’il existe bien pour eux un référent en titre qui a accepté de l’être). Le non-renouvellement de mes conventions n’est donc pas dû à un manque de moyens humains, comme je l’expliquais déjà il y a quelques mois, mais à une purge délibérée des bénévoles les plus actifs pour des raisons n’ayant rien à voir avec l’exercice de leur mission (aucun grief ne leur a d’ailleurs jamais été énoncé) mais tout à voir avec des désaccords exprimés en tant que sociétaires sur le fonctionnement de la SCIC. Personnellement, je ne demande à ce stade la tête de personne et je peux admettre que des malentendus et des situations de stress puissent conduire à des erreurs. Mais rien ne peut justifier de perpétuer obstinément une situation de blocage préjudiciable au Média et parfaitement dépassable.

Après le fiasco de la plateforme de propositions de résolutions pour l’AG 2024 (dont je rendrai compte ultérieurement), j’ai été moi-même élu membre du Conseil de surveillance du Média, ayant candidaté pour le collège des Socios (puisqu’exclu de facto par le Directoire du collège des Volontaires). Bien sûr, je dois cette élection au coquin de sort et au plébiscite des sociétaires, et non à l’instance qui m’avait banni précédemment du forum (et des autres supports du Média et des Volontaires). Mais on dira tout de même que je suis bien moins banni qu’il y a quelques mois. Et en tant que membre du Conseil de surveillance, je peux à présent poursuivre mon action (notamment en faveur de la reconstruction d’un réseau de bénévoles) au sein d’une des instances dirigeantes du Média, de laquelle le Directoire n’a pas le pouvoir de m’exclure. Je repense avec amusement à la réunion de janvier 2024 où il m’avait été assené « la suite se fera sans toi ». Eh bien non : « on est là, on est là… ».

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