Auteur/autrice : Serge Victor

  • Additionner les électorats

    Additionner les électorats

    Sur le site Hors-Série, le sociologue Manuel Cervera-Marzal publie un article qui donne de l’espoir… et soulève tout de même des interrogations. L’auteur y note que pour la première fois depuis longtemps, les sondages en cette fin d’été 2026 révèlent une augmentation du total des intentions de vote à gauche, dépassant désormais 40%, alors qu’elles peinaient à dépasser les 30% depuis de nombreuses années.

    Mais si le socle de la gauche au sens large s’élargit, le fait-il autant que le socle de l’extrême-droite ?

    Et puis, si l’électorat de Mélenchon et celui de Glucksmann croissent chacun sans qu’il y ait d’effet de vase communicant, ces électorats pourront-ils s’additionner le moment venu ?

    Lors des dernières municipales chez moi, lorsqu’avec une coalition gauche du PS/APRES/PCF/Debout on a proposé une fusion à la FI pour battre au 2ème tour le maire sortant issu de la droite du PS, la FI nous a envoyé balader au motif que « nos électorats ne s’additionnent pas ».

    Après avoir fait capoter la primaire large du Front Populaire 2027, la droite du PS rangée derrière Glucksmann proclame qu’il ne peut y avoir d’union avec LFI.

    Il y a des différences, bien sûr, entre ces deux « gauches », et malgré mes réserves sur Mélenchon, je ne peux me reconnaître dans un Glucksmann. Mais pour battre le fascisme, il faudra bien qu’au 2ème tour au moins, les électeurs de l’un puissent s’additionner à ceux de l’autre, même la mort dans l’âme.

    Sans nier les divergences, il faudrait donc y travailler.

    Cut the crap !


  • Quelques leçons d’autogestion à l’usage notamment de la coopérative du Média

    Quelques leçons d’autogestion à l’usage notamment de la coopérative du Média

    « Aujourd’hui, de nombreuses coopératives ne sont pas démocratiques (…). L’impasse actuelle de notre démocratie parlementaire montre bien que la démocratie ne se décrète pas et qu’elle dépend de la manière dont elle est organisée. Réunir les salariés en assemblée générale pour voter les grandes décisions ne suffira pas. Elire la direction de l’entreprise non plus. (…) Le principe “un homme, une voix” ne garantit pas à lui seul une réelle démocratie, car celle-ci ne se réduit pas au simple exercice du vote. Une véritable démocratie suppose également un accès équitable à l’information, une participation active aux décisions stratégiques ainsi qu’une répartition effective du pouvoir au sein de l’entreprise, évitant sa concentration entre quelques membres ou dirigeants. Il existe aujourd’hui en France des sociétés coopératives qui fonctionnent sur des bases clairement autogestionnaires, mais elles sont largement minoritaires. Ces structures adoptent des formes de gouvernance horizontales poussées : assemblées générales régulières, parfois hebdomadaires, décisions prises au consensus, rotation des tâches, refus des hiérarchies formelles, transparence des rémunérations, etc. Ce type d’organisation reste marginal et est principalement le fait de petits collectifs très politisés, souvent proches des mouvements anarchistes, écologistes radicaux, ou autogestionnaires historiques. Ces coopératives incarnent une certaine radicalité politique dans la gestion du travail, mais leur fonctionnement repose aussi sur une forte homogénéité idéologique entre les membres, une culture commune de la discussion, et un haut niveau d’engagement personnel. La grande majorité des coopératives ne fonctionnent pas selon ces logiques, mais plutôt sur la délégation du pouvoir, qui reproduit finalement les hiérarchies formelles des entreprises privées classiques.

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  • Abus

    Abus

    « D’innombrables personnes de gauche exercent une domination et abusent de leurs pouvoirs, que ce soit dans les partis, dans les associations, dans les coopératives. Avoir des idées révolutionnaires n’est en aucun cas une garantie d’un comportement respectueux des autres et donc de leur liberté individuelle. »

    Guillaume Etiévant, Autogestion générale, Les Liens qui libèrent, 2026, p.32

    Exégèse

    Les organisations de gauche porteuses d’idéaux démocratiques ont trop souvent tendance à s’asseoir dans la pratique sur ces idéaux, pour toujours d’excellentes raisons au demeurant :

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  • Croivez pas tout qu’est-ce que vous voyez

    Croivez pas tout qu’est-ce que vous voyez

    Depuis quelques jours, des visuels circulent sur les réseaux antisociaux proclamant que Blanche Gardin allait rejoindre la « superbe équipe » de Radio Nova. Des milliers de personnes relaient et commentent au pied de la lettre ces visuels, dont un signé d’un certain « Kamal LFI » à côté d’un macaron promouvant « JLM 2027 ».

    Fake : Blanche Gardin à Radio Nova

    Problème : c’est une fake news. Aucune source ne corrobore une telle nouvelle !

    Pourquoi faire circuler un tel mensonge ? Pour discréditer les militant·e·s de LFI et montrer qu’iels relaient n’importe quoi sans vérifier pourvu que cela aille dans leur sens ? Pour tester le niveau de crédulité des gens avant de les infecter avec une propagande plus orientée (à la gloire de Poutine, de l’armée israélienne ou autre puissance habituée à influencer l’opinion via de l’intox sur les réseaux antisociaux) ? A quelques mois d’une élection présidentielle qui risque de faire basculer la France dans le fascisme, ce n’est peut-être pas anodin.

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  • Argent

    Argent

    « L’amour de l’argent [est] un penchant morbide et assez répugnant, une de ces pulsions mi-criminelles, mi-pathologiques qu’on laisse en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales […]. Seules les personnes aptes à garder vivace, à cultiver, à perfectionner l’art de vivre sa vie, au lieu de se vendre pour la gagner, pourront jouir de l’abondance quand elle viendra. »

    John Maynard Keynes, Lettre à nos petits-enfants, Les Liens qui libèrent, réédition 2017
    cité par Clémentine Autain in L’avenir, c’est l’esprit public, Seuil, 2025
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